Résilience des citadins : prévoir et savoir
- Le 27/05/2026
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Chers Tous,
Un article, au choix : survivaliste, résilient, collapsologue ou de bon sens, mais en toute humilité, car bien malin qui peut garantir quoi que ce soit. Dans cet article, je ne reviendrai pas nécessairement sur les basiques, genre lampe frontale, etc..... Mais sur ce qui est particulièrement utile à des citadins, plus qu'à des ruraux, ce qui fait la différence.
Je n'aborderai pas le sujet défense, pour lequel je ne suis pas compétente, vous trouverez le sujet dans les dossiers de Pierre Templar :
- https://www.elizabeth-voyance.com/blog/les-dossiers-securite-de-pierre-templar.html
- https://www.elizabeth-voyance.com/blog/les-dossiers-securite-de-pierre-templar-partie-2.html
Qu'est-ce qui différencie la ville de la campagne ?
La ville forme naturellement un milieu confiné, dépendant des flux commerciaux pour les principaux biens et services, notamment l'alimentation, qui est rarement produite dans la proximité immédiate de votre logement. La rupture de flux tels que l'eau et l'électricité est également plus complexe qu'en milieu rural, car il est difficile d'aller prendre de l'eau dans l'étang ou la rivière d'à côté, et se dépanner avec un groupe électrogène est bruyant, voire dangereux.
Pour circuler, vous passez nécessairement par des escaliers, voire des ascenceurs, puis des rues, ruelles, passages, et voies de métro. Tandis qu'à la campagne, on emprunte le plus souvent des routes, petites routes, chemins peu fréquentés, prés et forêts, souvent également peu fréquentés.
Les métros, parkings et garages constituent, en ville, un bel abri anti radiations en cas de rayons gamma. Ce dont ne bénéficie pas la campagne, où la cave est le dernier recours.
Enfin, en cas de guerre civile, mais plus simplement de délinquance, ou d'affrontements et autres bagarres de rue, on peut se trouver bloqué que ce soit pour sortir de chez soi, ou pour rentrer, ou plus simplement pour se faire acheminer des biens et des services. En cas de guerre, on est un peu plus à la merci des bombardements que certains villages isolés, et en fonction du comportement des militaires "d'en face", plus sujets à pillages, violences, etc.
Tout n'est pas nécessairement aussi grave, mais il convient de formuler les pires hypothèses, prévoir ne fait pas mourir :)
N'est-il pas plus simple de quitter la ville en cas d'évènements ?
Encore faut-il disposer d'un point de chute ... La majeure partie de la population Française vit en ville et rien n'est prévu pour qu'elle puisse migrer à la campagne. Une migration rapide par évacuation serait sans doute difficile. Durant la seconde guerre mondiale, une partie de la population du grand Est a migré vers le Sud Ouest. Mais il y avait moins de densité de population et "recaser" tout le monde fut difficile, mais possible.
Il existe plusieurs façon d'envisager "les choses" :
1°) Par anticipation, c'est à dire de sentir les évènements arriver et de se tirer avant. Certaines prophéties évoquant d'ailleurs le fait que passé cette étape, ce ne serait plus possible
2°) Plus tard, avec quelques mesures de précautions, ou au coeur d'une évacuation "officielle" et organisée
La première solution est évidement la plus simple. Mais faut-il encore que la famille soit ok pour, par exemple, retirer les enfants de l'école, renoncer à son travail, etc..... La solution officielle et organisée est organisée, justement, mais qu'est-il prévu ? Il reste alors les mesures de précautions et l'extraction, parfois dans la douleur. Moins si on s'est organisé soi même.
Peut-on rester longtemps en ville, en cas d'évènements graves ?
Oui et Non. Il existe de nombreuses sources sur le siège de Sarajevo. Et ce ne sont pas des contes de fée. Tout vient rapidement à manquer. Le niveau d'insécurité augmente affreusement au bout d'un délai assez court, et il est difficile de monter une forme d'autonomie sous le regard de tout un groupe qui a des besoins non satisfaits.
Rester et survivre est une solution, mais de loin pas la plus simple. Les médicaments manquent, une carie peut représenter la fin de la vie, dans la souffrance extrême. Sortir chercher de l'eau peut devenir un challenge.
Sans parler de siège, on peut imaginer la survie en ville comme un coefficient multiplicateur. Les premiers jours, il peut y avoir une forme de solidarité, aucun manque ne se fait réellement sentir, puis, à mesure que les difficultés augmentent, la nervosité se fait sentir, d'autant plus que les citadins ont le sentiment que le piège s'est refermé. La plupart des films ou séries télévisées sur l'effondrement sont, somme toute, assez réalistes .... Souvenez vous des bagarres pour le papier H durant le covid. Certains développeront de la bonté, de l'altruisme. D'autres seront assiégés par leur propre peur. Et leurs réflexes.
Par expérience, et parce que ce fut le métier de toute ma vie, Je ne crois pas, pour le moment, en la capacité globale humaine à se maîtriser.
Danger - Décision et Durée des stocks
On pourrait imaginer qu'il suffit, par exemple, d'avoir une quantité incroyable de stocks et d'armes, ainsi que de l'eau, un jardin pour le potager et 2 poules, et un groupe ou des panneaux photovoltaïques, pour garantir sa survie pérenne dans son petit coin. Sur le papier oui. Dans la vraie vie je ne sais pas, je dirais "ça dépend de" :
- Votre degré de compétence (et polyvalence)
- La taille de votre groupe
- Votre niveau de capacité à vous défendre contre un éventuel autre groupe
- Votre position en ville (enfermée ou à découvert par exemple, centre ou périphérie, constitution du quartier etc.)
- Votre discrétion
- La pugnacité des voisins qui viennent à manquer de tout
- La qualité des relations nouées avec eux et votre aptitude à tisser des liens, ainsi qu'à être solidaire, juste, mais vigilant.
Pour reprendre un expression souvent adossée à la capacité à séduire : il n'existe pas de citadelle invaincue, mais des conquérents défaillants. En clair , ça peut être une seule question de temps : votre réelle discrétion, l'éclairage, les rumeurs, la taille des murs ...
Pour le commun des mortels, la chose se résume à une question de Temps.
Et le temps, c'est de la Décision qu'il dépend. Décision de partir ou rester, ou simplement de sursoir pour "attendre de voir ".
On pourrait imaginer que le coeur de la ville est plus dangereux, car plus "concentré", mais en cas de grosse défaillance systémique, les cas de figures étudiés révèlent tous que ce sont les banlieues pavillonaires et les coins ultra protégés qui sont pillés en premier. La convoitise .... Ne pas négliger la convoitise. Donc on reste sur le paramètre Temps, qui va lui même varier en fonction de la rapidité de dégradation.
La plupart des citoyens commenceront par hésiter à partir, sauf bombardements et demandes d'évacuations officielles. Partir, c'est tout quitter. C'est dur. Ils prendront la décision lorsque les signaux d'alarme vont s'abattre sur eux comme une rafale de chauve souris dans la nuit.
Selon la gravité des évènements, leur nature, et la brutalité du déclenchement, l'histoire va souvent se jouer entre les 3 premiers jours (des prophéties d'ailleurs), et les 3 premières semaines : restes d'appro, organisation régalienne, forces de l'ordre encore en activité, fluidité de la circulation avec l'extérieur de la ville. Lors d'évènements destructeurs immédiats (tremblements de terre, bombardements graves et imprévus), la panique et le pillage peuvent se développer en moins de 24 heures. Mais ceci compensant cela, il est plus simple de se décider à tout quitter, lorsque les évènements sont intenses et brutaux.
En temps de guerre, la dégradation peut être plus sournoise. D'abord une pseudo normalité, puis une anormalité à laquelle on s'habitue, et l'introduction 1 à 1; de nouveaux paramètres, tels que la dénonciation, ou l'agressivité.
En synthèse, et sauf groupe organisé, constitué, confiant, solidaire, et polyvalent (par exemple une famille dans un immeuble), une durée de 3 semaines de stocks, avec un objectif de quitter les lieux dès les red flags, me semble un minimum standard pour les basiques (comptez bien plus pour vos médicaments). Sinon il faudra bâtir une situation urbaine de résilience durable. Ce qui ne relève que très rarement d'une personne seule.
A partir de maintenant, le sujet se divise en 3 :
1°) Le stock tampon
2°) La préparation et le développement d'une situation urbaine de résilience durable (la BAD urbaine si vous préferez
3°) La capacité à "évacuer" si les conditions se déteriorent
Il faudra ajouter le chapitre nucléaire, ou NRBC, sans envisager nécessairement la tenue NRBC ou l'abri anti atomique.
1. LE STOCK TAMPON
Je ne reviens pas non plus sur les basiques. Globalement :
- Des toilettes sèches et des sacs poubelles, ainsi que des copeaux, produits d'hygiène
- De l'eau
- De l'énergie stockable (batteries, panneau solaire mobile)
- Des aliments à durée de vie longue
- De quoi se distraire, et communiquer ou écouter les news
- Un chauffage alternatif
- Ses médocs éventuels, ou une pharmacie de base
- De quoi sécuriser son appartement ou sa pièce de survie dans un ensemble
- Des calmants éventuels pour la famille ou les gosses
Le stock tampon prend peu de place. Et un sac à dos permet d'en emmener un petit bout pour évacuer. Le stock tampon comprend aussi le matériel d'évacuation. Il est discret et n'est connu que de vous seul. Pas même des enfants.
2. LE MATERIEL D'EVACUATION
Vous habitez un immeuble ou une maison, mais envisagez de traverser un centre ville, ou une banlieue. Il va vous falloir quelques bricoles :
- Pince coupante ou petit coupe boulon, pour ouvrir certains accès (et bon couteau avec un peu de ficelle)
- Petite masse compacte qui permet de démolir une paroi en placo, ou en verre non traité anti effraction
- Sac de survie complet (mais pas trop lourd, surtout si non entrainé à porter)
- Tenue de sport testée et confortable en fonction de la saison (en période très froide, des chaufferettes de pieds et de main ne sont pas du luxe)
- Eventuelle petite tente légère et son éventuel duvet
- Eventuel vélo facile d'accès
- Corde d'alpinisme et quelques attaches ou mousquetons pour descendre (ou monter) le long d'obstacles, baudrier éventuel - c'est très important pour les citadins coincés en hauteur. (on peut transformer sa corde d'alpinisme en corde à noeuds)
- Système défensif ou offensif en cas de dégradation extrême
- Cartographie détaillée de votre environnement (perso, j'estime la taille de mon environnement à 15 km autour de chez moi en cartes au 1/10 000, cout environ 130 euros chez Luffy sur notre page communautaire)
- Compteur Geiger et table des mesures ainsi que des instructions en fonction des mesures
Pour ceux et celles qui connaissent les banlieues et les grandes tours HLM, ils n'est pas rare d'y trouver des sortes d'accès percés dans les murs. Ou entre les caves.
Pour les personnes plus agées et moins mobiles, la décision doit être prise suffisament tôt pour que l'évacuation reste possible. Idem ceux et celles souffrant de stress. Le "stock alimentaire mobile" est ultra léger : deshydraté, biscuits complets, et de l'eau ou un filtre portable, ou les 2.
L'ensemble de ce matériel est à trouver dans de grandes enseignes telles Décathlon, qui ont un matériel souvent moins onéreux et de qualité suffisante. Les magasins de bricolage et internet fournissent le reste pour le moment. Les armureries fournissent légalement de petits systèmes défensifs comme les bombes d'aspersion, ou les lampes troboscopiques, ou encore les petits systemes d'électrification.
Plus l'évacuation vous semble difficile, à la hauteur de ce que vous lisez, plus vous devrez anticiper votre décision ou Prévoir, dès maintenant, un point de chute.
3. CONSTRUIRE UNE SITUATION DE RESILIENCE URBAINE DURABLE
Ce qui veut dire tout de même que vous avez prévu de pouvoir en sortir, soit de ne pas y être bouclé comme une souris derrière son placo. Mais qui peut le plus peut le moins, et vous pourrez changer de décision le cas échéant, soit passer sur une situation mobile avec point de chute à distance.
Il faudrait un livre complet pour monter un dossier exhaustif. Nous n'avons pas ce temps, et la littérature met déjà à disposition ce type d'ouvrages.
On peut, par contre, exclure des candidats, la maison de banlieue et son jardinet. Elle constitue, à elle seule, un pole d'attraction à ennuis. Sauf murs de 2 mètres et jardin masqué (il en existe beaucoup en centre ville ), le jardinet potager n'est juste pas envisageable.
Vous avez donc prévu, en plus des listes ci-dessus (au cas où)
- Une boite de bricolage polyvalente complète, avec un secteur électricité et petite plomberie éventuels.
- De quoi acheminer de l'eau, avec des raccords (l'eau d'une gouttière de balcon peut être récupérée par exemple)
- De quoi fabriquer un peu d'énergie (mais 0 éclairage nocturne)
- Un jardinet d'intérieur avec bacs tissus ou mieux, ensembles suspendus, et système de fabrication de germes et mini pousses - ou un potager si vous disposez d'un terrain sécurisé et discret, ou d'une toiture d'immeuble à accès sécure. De lampes led à spectre solaire pour les jardins d'intérieur
- De quoi vous chauffer durablement, au moins sur une surface réduite, quelques mètres carrés (plus couvertures et bouillottes)
- Une trousse à pharmacie plus complète et polyvalente
- Un système de communication radio de n'importe quel type en plus de votre téléphone portable
- De quoi vous distraire durablement (jeux de société par exemple, livres)
- De quoi troquer éventuellement (alcool, cigarettes ...)
De quoi sécuriser votre appartement et le rendre plus difficile d'accès (les pilleurs s'attaquent d'abord à ce qui est facile). Des astuces peu couteuses, comme de disposer de plusieurs enregistrements de grognements et aboiements de gros chien, peuvent faire fuir. Des bouteilles derrières les portes font de bonnes alarmes, pourquoi pas le bruit enregistré d'une arme à feu (mais ça peut se retourner contre vous). De simples barres de fers sur des attaches peuvent rendre une porte bien plus fiable. Idem pour des volets au RdC
Dans votre boite à outils, vous disposez d'une compétence absolument indispensable : la diplomatie et la communication !
Car vous ne serez pas éternellement seuls. Il faudra penser à bâtir, dans le temps, un réseau, bien que cela devrait déjà avoir été réfléchi. C'est un secteur compliqué. Les bons rapports avec les voisins, ainsi qu'une confiance contextualisée (soit adaptée au contexte) sont nécessaires. Parce que Gentil ne s'écrit pas avec un C. Mais que seul, on ne va pas très loin.
Hélas la règle est qu'il n'y en a pas dans les rapports humains. Mais qu'une équipe sera toujours plus résiliente.
Si vous me trouvez pessimiste, et forcément incomplète, il vous faut regarder les reportages sur Gaza, le Liban, la Syrie .... l'Ukraine, le Donbass, etc...
4. LE RISQUE NRBC
Un chapitre bien trop grave et important pour être traité en quelques lignes.
Mais quelques règles simples peuvent vous sauver la vie :
- Disposer d'un compteur Geiger, et d'un ouvrage de Gerard Chevrier sur la gestion du risque nucléaire (par exemple, mais il est bien fait)
- Pouvoir se couper du réseau d'eau (risque biologique ou chimique) - ce qui veut dire un stock, y compris une baignoire remplie à temps.
- Pouvoir s'isoler à 100% durant un temps donné (risque biologique)
- Pouvoir fuir rapidement (risques non gérables), voire fuir après une période de claustration de type nucléaire
- Avoir prévu un point de chute d'isolement des radiations : parking souterrain, métro, cave, ainsi que d'un sac permettant de tenir la durée convenue (souvent plusieurs jours)
La France ne dispose pas, officiellement, d'abris anti atomiques (ou bombardements). Vous serez donc peu avertis. Car la population ne pourra pas être évacuée dans les temps.
Et pourtant , en Conclusion, rien de tout cela ne fonctionnera si vous ne l'avez pas éventuellement Pré-Vu, et discuté en famille (si famille).
Beaucoup d'entre vous, qui ont un tas de masse cérébrale entre les 2 oreilles, se heurteront à leur conjoint(e) qui pourrait tout simplement répondre que c'est trop pour elle ou lui, et qu'il préfère mourir, ou mourir s'il doit partir sans sa mère, sa soeur, etc.... Ou encore que vous êtes un vilain complotiste pessimiste de surcroit. Ou un truc du genre "Toi et des idées saugrenues", ou "c'est bon, on est pas en 39/45" (c'est vrai d'ailleurs, on serait plutôt en 29), ou "je peux pas, j'ai conseil de classe mercredi", ou "mais non, on n'a pas le droit de retirer les enfants de l'école", ou encore "ils vont le dire à la radio, ce qu'il faut faire".
Je n'ai pas évoqué les rabachages traditionnels : avoir quelques espèces ou articles de valeur pour payer ce qu'il faut, être discret et passer sous les radars, ni le jerricane de carburant pour se tirer (encore que se pose la question du fait d'être seul sur la route).
Beaucoup de choses ont été écrites, mais tout ce qui fera la différence, ce sera vous, votre force mentale, votre envie de tenir.
Personnellement, j'ai exactement prévu tout ceci pour mes filles, qui sont, pour le moment, citadines l'une et l'autre. Y compris un Point de RdV sur une carte en cas de fortes dégradations. Je n'ai pas la prétention de penser à tout. Vous pouvez compléter en commentaires, ce sera utile à tous.
Bon courage à tous
Elizabeth
Résilience; Survivalisme; troisième guerre mondiale; Stocks; Autonomie;
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