Résilience; Survivalisme; troisième guerre mondiale; Stocks; Autonomie;

  • Résilience des citadins : prévoir et savoir

    Chers Tous,

    Un article, au choix : survivaliste, résilient, collapsologue ou de bon sens, mais en toute humilité, car bien malin qui peut garantir quoi que ce soit. Dans cet article, je ne reviendrai pas nécessairement sur les basiques, genre lampe frontale, etc. Mais sur ce qui est particulièrement utile à des citadins, plus qu'à des ruraux, ce qui fait la différence.

    Je n'aborderai pas le sujet défense, pour lequel je ne suis pas compétente, vous trouverez le sujet dans les dossiers de Pierre Templar : 

    Qu'est-ce qui différencie la ville de la campagne ?

    La ville forme naturellement un milieu confiné, dépendant des flux commerciaux pour les principaux biens et services, notamment l'alimentation, qui est rarement produite dans la proximité immédiate de votre logement. La rupture de flux tels que l'eau et l'électricité est également plus complexe qu'en milieu rural, car il est difficile d'aller prendre de l'eau dans l'étang ou la rivière d'à côté, et se dépanner avec un groupe électrogène est bruyant, voire dangereux.

    Pour circuler, vous passez nécessairement par des escaliers, voire des ascenceurs, puis des rues, ruelles, passages, et voies de métro. Tandis qu'à la campagne, on emprunte le plus souvent des routes, petites routes, chemins peu fréquentés, prés et forêts, souvent également peu fréquentés.

    Les métros, parkings et garages constituent, en ville, un bel abri anti radiations en cas de rayons gamma. Ce dont ne bénéficie pas la campagne, où la cave est le dernier recours.

    Enfin, en cas de guerre civile, mais plus simplement de délinquance, ou d'affrontements et autres bagarres de rue, on peut se trouver bloqué que ce soit pour sortir de chez soi, ou pour rentrer, ou plus simplement pour se faire acheminer des biens et des services. En cas de guerre, on est un peu plus à la merci des bombardements que certains villages isolés, et en fonction du comportement des militaires "d'en face", plus sujets à pillages, violences, etc.

    Tout n'est pas nécessairement aussi grave, mais il convient de formuler les pires hypothèses, prévoir ne fait pas mourir :)

    N'est-il pas plus simple de quitter la ville en cas d'évènements ?

    Encore faut-il disposer d'un point de chute... La majeure partie de la population Française vit en ville et rien n'est prévu pour qu'elle puisse migrer à la campagne. Une migration rapide par évacuation serait sans doute difficile. Durant la seconde guerre mondiale, une partie de la population du grand Est a migré vers le Sud Ouest. Mais il y avait moins de densité de population et "recaser" tout le monde fut difficile, mais possible.

    Il existe plusieurs façons d'envisager "les choses" :

    1°) Par anticipation, c'est à dire de sentir les évènements arriver et de se tirer avant. Certaines prophéties évoquant d'ailleurs le fait que passé cette étape, ce ne serait plus possible.

    2°) Plus tard, avec quelques mesures de précautions, ou au coeur d'une évacuation "officielle" et organisée.

    La première solution est évidemment la plus simple. Mais faut-il encore que la famille soit ok pour, par exemple, retirer les enfants de l'école, renoncer à son travail, etc. La solution officielle et organisée est organisée, justement, mais qu'est-il prévu ? Il reste alors les mesures de précautions et l'extraction, parfois dans la douleur. Moins si on s'est organisé soi-même.

    Peut-on rester longtemps en ville, en cas d'évènements graves ?

    Oui et non. Il existe de nombreuses sources sur le siège de Sarajevo. Et ce ne sont pas des contes de fée. Tout vient rapidement à manquer. Le niveau d'insécurité augmente affreusement au bout d'un délai assez court, et il est difficile de monter une forme d'autonomie sous le regard de tout un groupe qui a des besoins non satisfaits.

    Rester et survivre est une solution, mais de loin pas la plus simple. Les médicaments manquent, une carie peut représenter la fin de la vie, dans la souffrance extrême. Sortir chercher de l'eau peut devenir un challenge.

    Sans parler de siège, on peut imaginer la survie en ville comme un coefficient multiplicateur. Les premiers jours, il peut y avoir une forme de solidarité, aucun manque ne se fait réellement sentir, puis, à mesure que les difficultés augmentent, la nervosité se fait sentir, d'autant plus que les citadins ont le sentiment que le piège s'est refermé. La plupart des films ou séries télévisées sur l'effondrement sont, somme toute, assez réalistes... Souvenez-vous des bagarres pour le papier H durant le covid. Certains développeront de la bonté, de l'altruisme. D'autres seront assiégés par leur propre peur. Et leurs réflexes.

    Par expérience, et parce que ce fut le métier de toute ma vie, Je ne crois pas, pour le moment, en la capacité globale humaine à se maîtriser.

    Danger - Décision et Durée des stocks

    On pourrait imaginer qu'il suffit, par exemple, d'avoir une quantité incroyable de stocks et d'armes, ainsi que de l'eau, un jardin pour le potager et 2 poules, et un groupe ou des panneaux photovoltaïques, pour garantir sa survie pérenne dans son petit coin. Sur le papier oui. Dans la vraie vie je ne sais pas, je dirais "ça dépend de" :

    • Votre degré de compétence (et polyvalence).
    • La taille de votre groupe.
    • Votre niveau de capacité à vous défendre contre un éventuel autre groupe.
    • Votre position en ville (enfermée ou à découvert par exemple, centre ou périphérie, constitution du quartier etc.).
    • Votre discrétion.
    • La pugnacité des voisins qui viennent à manquer de tout.
    • La qualité des relations nouées avec eux et votre aptitude à tisser des liens, ainsi qu'à être solidaire, juste, mais vigilant.

    Pour  reprendre un expression souvent adossée à la capacité à séduire : il n'existe pas de citadelle invaincue, mais des conquérents défaillants. En clair, ça peut être une seule question de temps : votre réelle discrétion, l'éclairage, les rumeurs, la taille des murs...

    Pour le commun des mortels, la chose se résume à une question de temps.

    Et le temps, c'est de la Décision qu'il dépend. Décision de partir ou rester, ou simplement de sursoir pour "attendre de voir ".

    On pourrait imaginer que le coeur de la ville est plus dangereux, car plus "concentré", mais en cas de grosse défaillance systémique, les cas de figures étudiés révèlent tous que ce sont les banlieues pavillonaires et les coins ultra protégés qui sont pillés en premier. La convoitise... Ne pas négliger la convoitise. Donc on reste sur le paramètre Temps, qui va lui-même varier en fonction de la rapidité de dégradation.

    La plupart des citoyens commenceront par hésiter à partir, sauf bombardements et demandes d'évacuations officielles. Partir, c'est tout quitter. C'est dur. Ils prendront la décision lorsque les signaux d'alarme vont s'abattre sur eux comme une rafale de chauve souris dans la nuit.

    Selon la gravité des évènements, leur nature, et la brutalité du déclenchement, l'histoire va souvent se jouer entre les 3 premiers jours (des prophéties d'ailleurs), et les 3 premières semaines : restes d'appro, organisation régalienne, forces de l'ordre encore en activité, fluidité de la circulation avec l'extérieur de la ville. Lors d'évènements destructeurs immédiats (tremblements de terre, bombardements graves et imprévus), la panique et le pillage peuvent se développer en moins de 24 heures. Mais ceci compensant cela, il est plus simple de se décider à tout quitter, lorsque les évènements sont intenses et brutaux.

    En temps de guerre, la dégradation peut être plus sournoise. D'abord une pseudo normalité, puis une anormalité à laquelle on s'habitue, et l'introduction 1 à 1, de nouveaux paramètres, tels que la dénonciation, ou l'agressivité.

    En synthèse, et sauf groupe organisé, constitué, confiant, solidaire, et polyvalent (par exemple une famille dans un immeuble), une durée de 3 semaines de stocks, avec un objectif de quitter les lieux dès les red flags, me semble un minimum standard pour les basiques (comptez bien plus pour vos médicaments). Sinon il faudra bâtir une situation urbaine de résilience durable. Ce qui ne relève que très rarement d'une personne seule.

    A partir de maintenant, le sujet se divise en 3 :

    1°) Le stock tampon.

    2°) La préparation et le développement d'une situation urbaine de résilience durable (la BAD urbaine si vous préferez).

    3°) La capacité à "évacuer" si les conditions se détèriorent.

    Il faudra ajouter le chapitre nucléaire, ou NRBC, sans envisager nécessairement la tenue NRBC ou l'abri anti atomique.

    1. LE STOCK TAMPON

    Je ne reviens pas non plus sur les basiques. Globalement :

    • Des toilettes sèches et des sacs poubelle, ainsi que des copeaux, produits d'hygiène.
    • De l'eau.
    • De l'énergie stockable (batteries, panneau solaire mobile).
    • Des aliments à durée de vie longue.
    • De quoi se distraire, et communiquer ou écouter les news.
    • Un chauffage alternatif.
    • Ses médocs éventuels, ou une pharmacie de base.
    • De quoi sécuriser son appartement ou sa pièce de survie dans un ensemble.
    • Des calmants éventuels pour la famille ou les gosses.

    Le stock tampon prend peu de place. Et un sac à dos permet d'en emmener un petit bout pour évacuer. Le stock tampon comprend aussi le matériel d'évacuation. Il est discret et n'est connu que de vous seul. Pas même des enfants.

    2. LE MATERIEL D'EVACUATION

    Vous habitez un immeuble ou une maison, mais envisagez de traverser un centre ville, ou une banlieue. Il va vous falloir quelques bricoles :

    • Pince coupante ou petit coupe boulon, pour ouvrir certains accès (et bon couteau avec un peu de ficelle).
    • Petite masse compacte qui permet de démolir une paroi en placo, ou en verre non traité anti effraction.
    • Sac de survie complet (mais pas trop lourd, surtout si non entrainé à porter).
    • Tenue de sport testée et confortable en fonction de la saison (en période très froide, des chaufferettes de pieds et de mains ne sont pas du luxe).
    • Eventuelle petite tente légère et son éventuel duvet.
    • Eventuel vélo facile d'accès.
    • Corde d'alpinisme et quelques attaches ou mousquetons pour descendre (ou monter) le long d'obstacles, baudrier éventuel - c'est très important pour les citadins coincés en hauteur. (on peut transformer sa corde d'alpinisme en corde à noeuds)
    • Système défensif ou offensif en cas de dégradation extrême.
    • Cartographie détaillée de votre environnement (perso, j'estime la taille de mon environnement à 15 km autour de chez moi en cartes au 1/10 000, coût environ 130 euros chez Luffy sur notre page communautaire).
    • Compteur Geiger et table des mesures ainsi que des instructions en fonction des mesures.

    Pour ceux et celles qui connaissent les banlieues et les grandes tours HLM, ils n'est pas rare d'y trouver des sortes d'accès percés dans les murs. Ou entre les caves.

    Pour les personnes plus âgées et moins mobiles, la décision doit être prise suffisament tôt pour que l'évacuation reste possible. Idem ceux et celles souffrant de stress. Le "stock alimentaire mobile" est ultra léger : deshydraté, biscuits complets, et de l'eau ou un filtre portable, ou les 2.

    L'ensemble de ce matériel est à trouver dans de grandes enseignes telles Décathlon, qui ont un matériel souvent moins onéreux et de qualité suffisante. Les magasins de bricolage et internet fournissent le reste pour le moment. Les armureries fournissent légalement de petits systèmes défensifs comme les bombes d'aspersion, ou les lampes troboscopiques, ou encore les petits systemes d'électrification. 

    Plus l'évacuation vous semble difficile, à la hauteur de ce que vous lisez, plus vous devrez anticiper votre décision ou Prévoir, dès maintenant, un point de chute.

    3. CONSTRUIRE UNE SITUATION DE RESILIENCE URBAINE DURABLE

    Ce qui veut dire tout de même que vous avez prévu de pouvoir en sortir, soit de ne pas y être bouclé comme une souris derrière son placo. Mais qui peut le plus peut le moins, et vous pourrez changer de décision le cas échéant, soit passer sur une situation mobile avec point de chute à distance.

    Il faudrait un livre complet pour monter un dossier exhaustif. Nous n'avons pas ce temps, et la littérature met déjà à disposition ce type d'ouvrages.

    On peut, par contre, exclure des candidats, la maison de banlieue et son jardinet. Elle constitue, à elle seule, un pole d'attraction à ennuis. Sauf murs de 2 mètres et jardin masqué (il en existe beaucoup en centre ville ), le jardinet potager n'est juste pas envisageable.

    Vous avez donc prévu, en plus des listes ci-dessus (au cas où) :

    • Une boite de bricolage polyvalente complète, avec un secteur électricité et petite plomberie éventuels.
    • De quoi acheminer de l'eau, avec des raccords (l'eau d'une gouttière de balcon peut être récupérée par exemple).
    • De quoi fabriquer un peu d'énergie (mais 0 éclairage nocturne).
    • Un jardinet d'intérieur avec bacs tissus ou mieux, ensembles suspendus, et système de fabrication de germes et mini pousses - ou un potager si vous disposez d'un terrain sécurisé et discret, ou d'une toiture d'immeuble à accès sécure. De lampes led à spectre solaire pour les jardins d'intérieur.
    • De quoi vous chauffer durablement, au moins sur une surface réduite, quelques mètres carrés (plus couvertures et bouillottes).
    • Une trousse à pharmacie plus complète et polyvalente.
    • Un système de communication radio de n'importe quel type en plus de votre téléphone portable.
    • De quoi vous distraire durablement (jeux de société par exemple, livres).
    • De quoi troquer éventuellement (alcool, cigarettes...).

    De quoi sécuriser votre appartement et le rendre plus difficile d'accès (les pilleurs s'attaquent d'abord à ce qui est facile). Des astuces peu coûteuses, comme de disposer de plusieurs enregistrements de grognements et aboiements de gros chien, peuvent faire fuir. Des bouteilles derrières les portes font de bonnes alarmes, pourquoi pas le bruit enregistré d'une arme à feu (mais ça peut se retourner contre vous). De simples barres de fers sur des attaches peuvent rendre une porte bien plus fiable. Idem pour des volets au RdC.

    Dans votre boîte à outils, vous disposez d'une compétence absolument indispensable : la diplomatie et la communication !

    Car vous ne serez pas éternellement seuls. Il faudra penser à bâtir, dans le temps, un réseau, bien que cela devrait déjà avoir été réfléchi. C'est un secteur compliqué. Les bons rapports avec les voisins, ainsi qu'une confiance contextualisée (soit adaptée au contexte) sont nécessaires. Parce que Gentil ne s'écrit pas avec un C. Mais que seul, on ne va pas très loin.

    Hélas la règle est qu'il n'y en a pas dans les rapports humains. Mais qu'une équipe sera toujours plus résiliente.

    Si vous me trouvez pessimiste, et forcément incomplète, il vous faut regarder les reportages sur Gaza, le Liban, la Syrie... l'Ukraine, le Donbass, etc.

    4. LE RISQUE NRBC

    Un chapitre bien trop grave et important pour être traité en quelques lignes.

    Mais quelques règles simples peuvent vous sauver la vie :

    • Disposer d'un compteur Geiger, et d'un ouvrage de Gerard Chevrier sur la gestion du risque nucléaire (par exemple, mais il est bien fait).
    • Pouvoir se couper du réseau d'eau (risque biologique ou chimique) - ce qui veut dire un stock, y compris une baignoire remplie à temps.
    • Pouvoir s'isoler à 100% durant un temps donné (risque biologique).
    • Pouvoir fuir rapidement (risques non gérables), voire fuir après une période de claustration de type nucléaire.
    • Avoir prévu un point de chute d'isolement des radiations : parking souterrain, métro, cave, ainsi que d'un sac permettant de tenir la durée convenue (souvent plusieurs jours).

    La France ne dispose pas, officiellement, d'abris anti atomiques (ou bombardements). Vous serez donc peu avertis. Car la population ne pourra pas être évacuée dans les temps.

     

    Et pourtant , en conclusion, rien de tout cela ne fonctionnera si vous ne l'avez pas éventuellement Pré-Vu, et discuté en famille (si famille).

    Beaucoup d'entre vous, qui ont un tas de masse cérébrale entre les 2 oreilles, se heurteront à leur conjoint(e) qui pourrait tout simplement répondre que c'est trop pour elle ou lui, et qu'il préfère mourir, ou mourir s'il doit partir sans sa mère, sa soeur, etc. Ou encore que vous êtes un vilain complotiste pessimiste de surcroît. Ou un truc du genre "Toi et des idées saugrenues", ou "c'est bon, on n'est pas en 39/45" (c'est vrai d'ailleurs, on serait plutôt en 29), ou "je peux pas, j'ai conseil de classe mercredi", ou "mais non, on n'a pas le droit de retirer les enfants de l'école", ou encore "ils vont le dire à la radio, ce qu'il faut faire".

    Je n'ai pas évoqué les rabachages traditionnels : avoir quelques espèces ou articles de valeur pour payer ce qu'il faut, être discret et passer sous les radars, ni le jerricane de carburant pour se tirer (encore que se pose la question du fait d'être seul sur la route). 

    Beaucoup de choses ont été écrites, mais tout ce qui fera la différence, ce sera vous, votre force mentale, votre envie de tenir.

    Personnellement, j'ai exactement prévu tout ceci pour mes filles, qui sont, pour le moment, citadines l'une et l'autre. Y compris un Point de RdV sur une carte en cas de fortes dégradations. Je n'ai pas la prétention de penser à tout. Vous pouvez compléter en commentaires, ce sera utile à tous.

     

    Bon courage à tous

    Elizabeth

     

     

     

  • L'art des stocks, et de l'autonomie ! (titre prétentieux, je vous l'accorde)

    Chers Tous,

    Comme Pré-Vu, nous voilà un peu dans la m***e.

    Avertissement : article de synthèse, non exhaustif, pourra être nourri de vos commentaires.

    Les derniers pétroliers en provenance d'Ormuz sont arrivés, les ennuis ne vont pas tarder non plus.

    Les 2 grands blocs se font plus ou moins face : BRICS d'un côté, Occident de l'autre, mais pour le moment (et heureusement) les Européens ne suivent pas Israël dans son délire et plusieurs grandes nations commencent à refuser le passage des avions militaires Américains. Reste qu'une trentaine de pays vont réfléchir au problème d'Ormuz avant que ça ne devienne une calamité. L'énergie tient l'économie, et l'Iran tient quasiment l'énergie.

    Hier, une vidéo de Piero/Charles Sannat faisait état de 3 scénarios possibles :

    1°) Dès demain, tout le monde se fait des bisous, on signe la paix et tout est bien.

    Il faut plusieurs mois pour résoudre les problèmes des sites pétroliers, et plusieurs années pour les usines de traitement du gaz. Bien entendu, ce ne sont pas les seuls producteurs mondiaux, mais les States veulent nous en vendre à un prix exhorbitant, et nous avons refusé l'énergie Russe (vous savez : pour les mettre à genoux, dixit le ministre porno, meilleur au porno qu'aux pronos d'ailleurs). Donc quelques mois de transition avec plus ou moins de vagues dues essentiellement à la difficulté de fournir.

    2°) La guerre continue encore quelques semaines, tant que l'un des belligérants n'est pas "dead".

    Les pertes sont colossales, car un lion blessé mord et tue tout ce qu'il peut. Les difficultés peuvent alors s'accroître car les destructions seront plus intenses, et les délais de remise en route également prolongés (on parle de plusieurs années potentielles). Les pénuries seront garanties, et la règle sera au rationnement durable.

    3°) La guerre continue, s'internationalise totalement, puis il est fait usage de l'arme nucléaire (ou scénario entre 2 et 3).

    La normalité de notre civilisation disparaitra et la phase de transition nous fera prendre des chemins de traverse auxquels nous n'aurions pas pensé.

    En tant que voyante, je perçois une sorte de choc économique XXL, avec trou noir de la bourse et gros charivari bancaire, le tout accompagné d'une voire 2 frappes nucléaires dans le temps. Notre civilisation aura vécu. Pas la fin du monde, mais la fin de celui auquel nous étions habitués. Ajoutez des troubles civils dans beaucoup de pays, y compris le nôtre.

    Dans 2 cas sur 3, aucun "stock" ne peut être suffisant pour s'enterrer dans son trou à rat et se dire que l'on va attendre presque sereinement la fin de la transition. Les stocks sont des tampons qui permettent :

    • De passer les périodes difficiles.
    • De compléter son autonomie.
    • De mettre au point son plan B, voire sa mutation géographique.

    Si tout un chacun possède 15 jours de stocks, cela permettra de mieux réguler le reste en évitant les "points chauds" et les scènes d'hystérie dans les hyper. Ces fameux 15 jours devraient représenter 100% de l'alimentation de la famille, plus un stock tampon d'eau, le minimum vital étant sans doute d'une grande bouteille par personne et par jour. Car en cas de très grave crise énergétique, l'eau courante peut parfois être coupée.

    Question hygiène, les toilettes sèches de secours sont également indispensables, pour les mêmes raisons. Pensez au porte-avions Ricain qui a dû faire demi-tour pour aller réparer les WC car tout le monde naviguait dans les excréments et l'urine dégoulinant dans les coursives.

    Si les ennuis perdurent, voire s'aggravent, certains produits viendront à ne plus être fabriqués ou vendus. La panne prévisible d'engrais va écraser les récoltes, les manques de pièces détachées peuvent faire le reste : les livraisons ne se feront qu'au compte goutte. Vous devrez alors compter avec une faible capacité à circuler, une incapacité à se fournir certains articles, une vie "au ralenti". La situation pourra s'installer pendant de longs mois, voire 1 à 2 ans, le temps de recréer des circuits, des sites de production, et remettre en route ce qui ne marchait plus. Internet peut être remis en cause, comme pas mal d'outils d'ailleurs.

    Cela veut dire qu'il faudra prévoir des stocks tampons dans tous les secteurs (alimentation, santé, hygiène, énergie) et bâtir une forme d'autonomie, même minime, pour s'en sortir.

    Alors c'est quoi un stock tampon ++ ? Et c'est quoi l'autonomie ?

    SI je devais donner des instructions à un groupe, je viserais les 6 mois coulants : soit tenter de maintenir en permanence 6 mois d'avance, en sachant que le jour où je peux me procurer de la lessive, je complète à 6 mois, par exemple. Y compris les médicaments, ce qui est le plus délicat, car il est impossible de tout stocker (ni même de tout se procurer).

    Ce qui nous amène au second point : construire sa petite autonomie. L'autarcie n'existe pas, on peut tendre vers, mais l'on dépendra presque toujours d'autres que nous mêmes, notamment d'autres compétences. On peut rêver tout construire, y compris un méthaniseur par exemple, mais il faut savoir faire, pouvoir se procurer les éléments de fabrication, et être en mesure de fabriquer. Ce qui veut dire que nous devons, en guise d'autonomie :

    • Penser des solutions simples et accessibles, dont plusieurs sources d'énergie naturelles, comme le bois par exemple, ou les kit solaires (pour le moment encore en vente), une alimentation raisonnée à partir de ce que l'on peut produire : au pire des légumes et des oeufs avec un peu de poule au pot de temps en temps, des fruits, des pommes de terre, une hygiène facile comme l'usage du savon et des wc adaptés à ce qui est possible.
    • Disposer d'un réseau de relations amicales et loyales, avec qui on peut se réinventer à la fois un monde de conversations et de joies sociales, et partager les idées, les compétences, voire les ressources, grâce notamment au troc.
    • Prévoir de suite immédiatement ce qui n'a pas déjà été fait.
    • Penser géographie à court, moyen et long terme.

    Concernant les secteurs clefs, le stock ne remplacera jamais les plans B. Pour la santé, les médecines alternatives (quand c'est possible). Pour l'alimentation, un stock de produits imparfaits, mais nourrissants, c'est bien mieux que rien. Quant à la localisation, elle est primordiale par rapport à la stratégie. En ville, le stock tampon est vital, tout comme il est vital de ne pas en parler. Mais le plan B tel que les lentilles germées, est un fondamental qui va grandement améliorer l'ordinaire dans le temps.

    Aller au-delà de quelques mois, en terme de stocks, en ville, me semble presque non raisonnable pour pas mal de raisons :

    1. Ca va se savoir.
    2. Ca ne sera pas transportable en cas de mutation obligatoire.
    3. Tenir moralement sur stocks figés pendant plusieurs mois est déjà une sorte de challenge.

    On peut donc se limiter à l'essentiel dans tous les domaines, notamment les médicaments qui prennent peu de place, et peuvent être vitaux. La nourriture est moins vitale que la boisson, et j'ai tendance à sourire quand j'entends quelqu'un me dire que l'eau en bouteille est immonde. Certes... Mais 3 jours sans boire et l'affaire est réglée. Il est possible d'imaginer, pour qui habite un studio au sixième sans ascenceur, un stock d'eau, de biscuits convar, de médocs, des toilettes sèches et de bons bouquins : peu d'espace, 10 euros par jour de stock environ. Ajoutez les lampes frontales et le chauffage de secours. Payez vous des comprimés multivitamines et minéraux pour faire le reste.

    La suite est à décliner en fonction des voeux de chacun. L'autonomie en ville est un sujet délicat, sauf jardin bien entendu, et à condition de pouvoir le protéger des prédations. Les petites zones de jardins ouvriers sont sans doute à oublier et font déjà l'objet de vols multiples. Des amis à la campagne chez qui vous pouvez aller, et acquérir les biens de première consommation, sont une solution possible, mais difficile car de tels amis sont rares, tout comme l'argent, ou les moyens de trocs contre de tels biens.

    L'autonomie à la campagne, un sujet moins facile qu'il n'y paraît.

    Il faudra, hélas, songer à garder son pré carré bien à soi ou aux siens, ou aux membres du refuge. Pour ce sujet, référez-vous aux dossiers de Pierre Templar et à son site, toujours ouvert, et très complet : survivreauchaos.

    Passé ce premier point, il faut avoir un minimum de compétences. Si ce n'est pas le cas, il est fondamental de vous acheter quelques bouquins : jardin, petit élevage, bricolage (3 ou 4 volumes suffisent), et regardez vous quelques contenus youtube pendant que c'est possible.

    Enfin, il vous faudra travailler avec :

    • Les lieux,
    • Les voisins,
    • Le climat,
    • La terre.

    4 sujets qui peuvent devenir sensibles.

    Si vous avez de l'argent qui dort et une envie de campagne, n'hésitez pas : achetez vous un bien. Même simplissime. Genre cabane. Terrain de loisirs, terre en friches, bout de forêt, etc.

    Si vous êtes en mesure de devenir compétent, il vous faudra acquérir :

    • Des semences (voir notre page communautaire),
    • Des souches d'élevage (poules à minima),
    • De quoi faire une petite serre (climat devenu trèèèès variable), même de récup ou d'occas,
    • Quelques outils de jardin et des tuyeaux pour transporter l'eau, avec les joints, etc.,
    • Quelques produits, à déterminer en fonction de vos lectures, comme la terre de diatomée pour les poules, par exemple,
    • Des incontournables, comme la nourriture des poules, que vous ne pourrez sans doute pas produire, au moins pas de suite.

    L'aspect médical reste le même qu'en ville. Pour l'hygiène, les toilettes sèches restent une solution optimale. Le stock tampon reste le même qu'en ville, et une récolte, ou un élevage, n'est jamais une garantie absolue. Mais vous disposez de plus de place et pouvez envisager d'agrandir à la fois vos compétences et la diversité de votre production.

    Attention à la solitude : le Robin des bois qui vous fait sa vidéo de bushcraft sur youtube avec marketing produit gratos n'est ni seul, ni privé de "normalité" le reste du temps. Enfin, n'imaginez pas manger de la salade de pissenlits en guise de plat principal, ça va être vite difficile. Quant aux cueillettes sauvages impromptues, je ne veux pas voir les dégâts : ce sera l'hécatombe.

    Quant à vos 4 poules : pensez à les défendre du Renard, et de la Belette, comme dans la chanson.

    Un bémol pour les vététariens et végans : les seconds ne pourront pas se procurer les compléments vitaminés, les premiers risquent seulement de manquer d'énergie. Mais le tout est toujours une question de choix personnel.

    Les stocks plaisirs : on ne les produit quasi jamais, et ils font un bien fou.

    • Le chocolat (noir il se garde mieux).
    • Les apéros, le vin, les jus de fruits, les sirops.
    • Les chips et autres douceurs.
    • Le saucisson (peut être facilement produit dans le temps, mais pas immédiatement).
    • Les biscuits secs et sucrés.
    • Les clopes, et plus pour les fêtards.
    • De façon générale, toutes vos gourmandises.

    Attention, la plupart du temps, la durée de conservation n'est pas ouf. Ces produits rancissent vite. Mais ils se troquent très bien.

    Dans la catégorie des stocks plaisirs qui ne se périment jamais :

    • Les livres, les journaux,
    • Les CD ou DVD de musique ou de films,
    • De quoi peindre ou dessiner,
    • Les jeux de société, à commencer par les cartes (et les règles).

     

    Enfin dans la catégorie bricolage et vie quotidienne : (pour rappel)

    • Lampe frontale.
    • Radio à pile ou manivelle, ou chargeable.
    • Batteries de recharge.
    • Couteau suisse.
    • Ficelle et/ou corde d 'alpinisme si vous habitez en immeuble (baudrier ?).
    • Copeaux de bois pour toilettes sèches, sacs poubelles.
    • Et pour les campagnards : kit solaire avec pièces de rechange.
    • Comprimés d'iode et vos médocs.
    • N'oubliez pas médor ou minou et ses croquettes.
    • Savon.

    Liste non exhaustive, je ne vais pas refaire le monde sur ces sujets vus et revus. le sac de survie découle de tout ceci, il suffit de charger. Le vélo est une option de secours très intéressante.

    Peut-on imaginer partir retrouver des relations (et du stock de secours) à la campagne ?

    On habite en ville, c'est devenu invivable, et on se dit qu'on va aller retrouver untel... Ce n'est pas toujours une bonne idée. Untel n'a sans doute pas prévu de loger la terre entière : il a sa famille, ses proches, et est peut-être juste lui-même. L'idée des refuges est primordiale, mais pas immédiatement.

    Dans un premier temps, chacun a son premier cercle, constitué de qui il souhaite (famille, amis, etc.).

    Dans un second temps, des refuges pourront se constituer, mais certainement pas comme voie de secours pour cigale imprévoyante.

    Dans mon cas, j'ai déjà une famille (assez volumineuse), des amis qui le savent et à qui je l'ai précisé, Je ne reçois déjà plus du tout en présentiel, et les amis sont tous des gens avec qui j'ai de longues années de relations. Je m'occuperai sans aucun doute de faire refuge pour des enfants, des personnes en danger, des jeunes adultes voulant fuir la guerre. Non par manque de générosité potentielle, mais parce que ça ne m'est pas possible techniquement parlant.

    L'entraide sera donc obligatoire, mais personne ne pourra sacrifier sa famille ou sa personne à ce titre, il existe donc des limites, qui risquent d'être vite atteintes. Dans un second temps, l'organisation pourra sans doute permettre d'étendre les capacités de la campagne : d'ou l'impératif d'avoir prévu des stocks tampons, le temps que nous autres, à la campagne, on s'organise pour reprendre notre rôle : nourrir la ville.

    Faites vite. Le temps est compté.

     

    Je vous embrasse

    Elizabeth