L'art des stocks, et de l'autonomie ! (titre prétentieux, je vous l'accorde)
- Le 03/04/2026
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Chers Tous,
Comme Pré-Vu, nous voilà un peu dans la m***e.
Avertissement : article de synthèse, non exhaustif, pourra être nourri de vos commentaires.
Les derniers pétroliers en provenance d'Ormuz sont arrivés, les ennuis ne vont pas tarder non plus.
Les 2 grands blocs se font plus ou moins face : BRICS d'un côté, Occident de l'autre, mais pour le moment (et heureusement) les Européens ne suivent pas Israël dans son délire et plusieurs grandes nations commencent à refuser le passage des avions militaires Américains. Reste qu'une trentaine de pays vont réfléchir au problème d'Ormuz avant que ça ne devienne une calamité. L'énergie tient l'économie, et l'Iran tient quasiment l'énergie.
Hier, une vidéo de Piero/Charles Sannat faisait état de 3 scénarios possibles :
1°) Dès demain, tout le monde se fait des bisous, on signe la paix et tout est bien.
Il faut plusieurs mois pour résoudre les problèmes des sites pétroliers, et plusieurs années pour les usines de traitement du gaz. Bien entendu, ce ne sont pas les seuls producteurs mondiaux, mais les States veulent nous en vendre à un prix exhorbitant, et nous avons refusé l'énergie Russe (vous savez : pour les mettre à genoux, dixit le ministre porno, meilleur au porno qu'aux pronos d'ailleurs). Donc quelques mois de transition avec plus ou moins de vagues dues essentiellement à la difficulté de fournir.
2°) La guerre continue encore quelques semaines, tant que l'un des belligérants n'est pas "dead".
Les pertes sont colossales, car un lion blessé mord et tue tout ce qu'il peut. Les difficultés peuvent alors s'accroître car les destructions seront plus intenses, et les délais de remise en route également prolongés (on parle de plusieurs années potentielles). Les pénuries seront garanties, et la règle sera au rationnement durable.
3°) La guerre continue, s'internationalise totalement, puis il est fait usage de l'arme nucléaire (ou scénario entre 2 et 3).
La normalité de notre civilisation disparaitra et la phase de transition nous fera prendre des chemins de traverse auxquels nous n'aurions pas pensé.
En tant que voyante, je perçois une sorte de choc économique XXL, avec trou noir de la bourse et gros charivari bancaire, le tout accompagné d'une voire 2 frappes nucléaires dans le temps. Notre civilisation aura vécu. Pas la fin du monde, mais la fin de celui auquel nous étions habitués. Ajoutez des troubles civils dans beaucoup de pays, y compris le nôtre.
Dans 2 cas sur 3, aucun "stock" ne peut être suffisant pour s'enterrer dans son trou à rat et se dire que l'on va attendre presque sereinement la fin de la transition. Les stocks sont des tampons qui permettent :
- De passer les périodes difficiles.
- De compléter son autonomie.
- De mettre au point son plan B, voire sa mutation géographique.
Si tout un chacun possède 15 jours de stocks, cela permettra de mieux réguler le reste en évitant les "points chauds" et les scènes d'hystérie dans les hyper. Ces fameux 15 jours devraient représenter 100% de l'alimentation de la famille, plus un stock tampon d'eau, le minimum vital étant sans doute d'une grande bouteille par personne et par jour. Car en cas de très grave crise énergétique, l'eau courante peut parfois être coupée.
Question hygiène, les toilettes sèches de secours sont également indispensables, pour les mêmes raisons. Pensez au porte-avions Ricain qui a dû faire demi-tour pour aller réparer les WC car tout le monde naviguait dans les excréments et l'urine dégoulinant dans les coursives.
Si les ennuis perdurent, voire s'aggravent, certains produits viendront à ne plus être fabriqués ou vendus. La panne prévisible d'engrais va écraser les récoltes, les manques de pièces détachées peuvent faire le reste : les livraisons ne se feront qu'au compte goutte. Vous devrez alors compter avec une faible capacité à circuler, une incapacité à se fournir certains articles, une vie "au ralenti". La situation pourra s'installer pendant de longs mois, voire 1 à 2 ans, le temps de recréer des circuits, des sites de production, et remettre en route ce qui ne marchait plus. Internet peut être remis en cause, comme pas mal d'outils d'ailleurs.
Cela veut dire qu'il faudra prévoir des stocks tampons dans tous les secteurs (alimentation, santé, hygiène, énergie) et bâtir une forme d'autonomie, même minime, pour s'en sortir.
Alors c'est quoi un stock tampon ++ ? Et c'est quoi l'autonomie ?
SI je devais donner des instructions à un groupe, je viserais les 6 mois coulants : soit tenter de maintenir en permanence 6 mois d'avance, en sachant que le jour où je peux me procurer de la lessive, je complète à 6 mois, par exemple. Y compris les médicaments, ce qui est le plus délicat, car il est impossible de tout stocker (ni même de tout se procurer).
Ce qui nous amène au second point : construire sa petite autonomie. L'autarcie n'existe pas, on peut tendre vers, mais l'on dépendra presque toujours d'autres que nous mêmes, notamment d'autres compétences. On peut rêver tout construire, y compris un méthaniseur par exemple, mais il faut savoir faire, pouvoir se procurer les éléments de fabrication, et être en mesure de fabriquer. Ce qui veut dire que nous devons, en guise d'autonomie :
- Penser des solutions simples et accessibles, dont plusieurs sources d'énergie naturelles, comme le bois par exemple, ou les kit solaires (pour le moment encore en vente), une alimentation raisonnée à partir de ce que l'on peut produire : au pire des légumes et des oeufs avec un peu de poule au pot de temps en temps, des fruits, des pommes de terre, une hygiène facile comme l'usage du savon et des wc adaptés à ce qui est possible.
- Disposer d'un réseau de relations amicales et loyales, avec qui on peut se réinventer à la fois un monde de conversations et de joies sociales, et partager les idées, les compétences, voire les ressources, grâce notamment au troc.
- Prévoir de suite immédiatement ce qui n'a pas déjà été fait.
- Penser géographie à court, moyen et long terme.
Concernant les secteurs clefs, le stock ne remplacera jamais les plans B. Pour la santé, les médecines alternatives (quand c'est possible). Pour l'alimentation, un stock de produits imparfaits, mais nourrissants, c'est bien mieux que rien. Quant à la localisation, elle est primordiale par rapport à la stratégie. En ville, le stock tampon est vital, tout comme il est vital de ne pas en parler. Mais le plan B tel que les lentilles germées, est un fondamental qui va grandement améliorer l'ordinaire dans le temps.
Aller au-delà de quelques mois, en terme de stocks, en ville, me semble presque non raisonnable pour pas mal de raisons :
- Ca va se savoir.
- Ca ne sera pas transportable en cas de mutation obligatoire.
- Tenir moralement sur stocks figés pendant plusieurs mois est déjà une sorte de challenge.
On peut donc se limiter à l'essentiel dans tous les domaines, notamment les médicaments qui prennent peu de place, et peuvent être vitaux. La nourriture est moins vitale que la boisson, et j'ai tendance à sourire quand j'entends quelqu'un me dire que l'eau en bouteille est immonde. Certes... Mais 3 jours sans boire et l'affaire est réglée. Il est possible d'imaginer, pour qui habite un studio au sixième sans ascenceur, un stock d'eau, de biscuits convar, de médocs, des toilettes sèches et de bons bouquins : peu d'espace, 10 euros par jour de stock environ. Ajoutez les lampes frontales et le chauffage de secours. Payez vous des comprimés multivitamines et minéraux pour faire le reste.
La suite est à décliner en fonction des voeux de chacun. L'autonomie en ville est un sujet délicat, sauf jardin bien entendu, et à condition de pouvoir le protéger des prédations. Les petites zones de jardins ouvriers sont sans doute à oublier et font déjà l'objet de vols multiples. Des amis à la campagne chez qui vous pouvez aller, et acquérir les biens de première consommation, sont une solution possible, mais difficile car de tels amis sont rares, tout comme l'argent, ou les moyens de trocs contre de tels biens.
L'autonomie à la campagne, un sujet moins facile qu'il n'y paraît.
Il faudra, hélas, songer à garder son pré carré bien à soi ou aux siens, ou aux membres du refuge. Pour ce sujet, référez-vous aux dossiers de Pierre Templar et à son site, toujours ouvert, et très complet : survivreauchaos.
Passé ce premier point, il faut avoir un minimum de compétences. Si ce n'est pas le cas, il est fondamental de vous acheter quelques bouquins : jardin, petit élevage, bricolage (3 ou 4 volumes suffisent), et regardez vous quelques contenus youtube pendant que c'est possible.
Enfin, il vous faudra travailler avec :
- Les lieux,
- Les voisins,
- Le climat,
- La terre.
4 sujets qui peuvent devenir sensibles.
Si vous avez de l'argent qui dort et une envie de campagne, n'hésitez pas : achetez vous un bien. Même simplissime. Genre cabane. Terrain de loisirs, terre en friches, bout de forêt, etc.
Si vous êtes en mesure de devenir compétent, il vous faudra acquérir :
- Des semences (voir notre page communautaire),
- Des souches d'élevage (poules à minima),
- De quoi faire une petite serre (climat devenu trèèèès variable), même de récup ou d'occas,
- Quelques outils de jardin et des tuyeaux pour transporter l'eau, avec les joints, etc.,
- Quelques produits, à déterminer en fonction de vos lectures, comme la terre de diatomée pour les poules, par exemple,
- Des incontournables, comme la nourriture des poules, que vous ne pourrez sans doute pas produire, au moins pas de suite.
L'aspect médical reste le même qu'en ville. Pour l'hygiène, les toilettes sèches restent une solution optimale. Le stock tampon reste le même qu'en ville, et une récolte, ou un élevage, n'est jamais une garantie absolue. Mais vous disposez de plus de place et pouvez envisager d'agrandir à la fois vos compétences et la diversité de votre production.
Attention à la solitude : le Robin des bois qui vous fait sa vidéo de bushcraft sur youtube avec marketing produit gratos n'est ni seul, ni privé de "normalité" le reste du temps. Enfin, n'imaginez pas manger de la salade de pissenlits en guise de plat principal, ça va être vite difficile. Quant aux cueillettes sauvages impromptues, je ne veux pas voir les dégâts : ce sera l'hécatombe.
Quant à vos 4 poules : pensez à les défendre du Renard, et de la Belette, comme dans la chanson.
Un bémol pour les vététariens et végans : les seconds ne pourront pas se procurer les compléments vitaminés, les premiers risquent seulement de manquer d'énergie. Mais le tout est toujours une question de choix personnel.
Les stocks plaisirs : on ne les produit quasi jamais, et ils font un bien fou.
- Le chocolat (noir il se garde mieux).
- Les apéros, le vin, les jus de fruits, les sirops.
- Les chips et autres douceurs.
- Le saucisson (peut être facilement produit dans le temps, mais pas immédiatement).
- Les biscuits secs et sucrés.
- Les clopes, et plus pour les fêtards.
- De façon générale, toutes vos gourmandises.
Attention, la plupart du temps, la durée de conservation n'est pas ouf. Ces produits rancissent vite. Mais ils se troquent très bien.
Dans la catégorie des stocks plaisirs qui ne se périment jamais :
- Les livres, les journaux,
- Les CD ou DVD de musique ou de films,
- De quoi peindre ou dessiner,
- Les jeux de société, à commencer par les cartes (et les règles).
Enfin dans la catégorie bricolage et vie quotidienne : (pour rappel)
- Lampe frontale.
- Radio à pile ou manivelle, ou chargeable.
- Batteries de recharge.
- Couteau suisse.
- Ficelle et/ou corde d 'alpinisme si vous habitez en immeuble (baudrier ?).
- Copeaux de bois pour toilettes sèches, sacs poubelles.
- Et pour les campagnards : kit solaire avec pièces de rechange.
- Comprimés d'iode et vos médocs.
- N'oubliez pas médor ou minou et ses croquettes.
- Savon.
Liste non exhaustive, je ne vais pas refaire le monde sur ces sujets vus et revus. le sac de survie découle de tout ceci, il suffit de charger. Le vélo est une option de secours très intéressante.
Peut-on imaginer partir retrouver des relations (et du stock de secours) à la campagne ?
On habite en ville, c'est devenu invivable, et on se dit qu'on va aller retrouver untel... Ce n'est pas toujours une bonne idée. Untel n'a sans doute pas prévu de loger la terre entière : il a sa famille, ses proches, et est peut-être juste lui-même. L'idée des refuges est primordiale, mais pas immédiatement.
Dans un premier temps, chacun a son premier cercle, constitué de qui il souhaite (famille, amis, etc.).
Dans un second temps, des refuges pourront se constituer, mais certainement pas comme voie de secours pour cigale imprévoyante.
Dans mon cas, j'ai déjà une famille (assez volumineuse), des amis qui le savent et à qui je l'ai précisé, Je ne reçois déjà plus du tout en présentiel, et les amis sont tous des gens avec qui j'ai de longues années de relations. Je m'occuperai sans aucun doute de faire refuge pour des enfants, des personnes en danger, des jeunes adultes voulant fuir la guerre. Non par manque de générosité potentielle, mais parce que ça ne m'est pas possible techniquement parlant.
L'entraide sera donc obligatoire, mais personne ne pourra sacrifier sa famille ou sa personne à ce titre, il existe donc des limites, qui risquent d'être vite atteintes. Dans un second temps, l'organisation pourra sans doute permettre d'étendre les capacités de la campagne : d'ou l'impératif d'avoir prévu des stocks tampons, le temps que nous autres, à la campagne, on s'organise pour reprendre notre rôle : nourrir la ville.
Faites vite. Le temps est compté.
Je vous embrasse
Elizabeth
Résilience; Survivalisme; troisième guerre mondiale; Stocks; Autonomie;
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