Résilience et survie à l'effondrement : la problématique de l'électricité, un vrai-faux problème ??
- Le 13/06/2026
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Chers Tous,
Pour aborder ce sujet délicat, je vous propose une vidéo, à la fois bonne et criticable, qui servira d'intro.
Puis dans peu de temps, j'étudierai la prose de Remi. Qui me laisse parfois pleine d'interrogations sur tant de choses gratuites et bonnes (vous connaissez l'adage, quand c'est gratuit, c'est toi le produit).
L'électricité nous parait tout à fait (et plus que ça) indispensable. Il est hors de prix, dépend la plupart du temps de la distribution qu'on veut bien nous faire, et les conflits énergétiques récents laissent à penser que nous pourrions en manquer un jour.
J'ai vécu 2 fois sans électricité dans ma vie. En 1999 pour la fameuse tempête, avec toute ma famille et ma petite Jade qui venait de naître, puis il y a 5 ans, lors de l'achat de ma précédente maison, où, à cause d'un fort risque d'incendie, on a dû tout couper sauf 1 câble pour charger le téléphone et l'ordi... 2 expériences très intéressantes qui m'ont poussée à me protéger de ce genre d'incidents, mais aussi à les relativiser.
Faisons le point sur les solutions.
1. L'électricité est-il indispensable, et dans quelle mesure ?
Nous le pensons absolument inévitable, mais dans les faits qua faisons-nous avec ?
- Chauffage.
- Eau chaude (lavage et hygiène).
- Cuisson.
- Réfrigération / congélation.
- Appareils électroménagers.
- Lavage - Séchage.
- Matériel électrique de bricolage.
- Recharge du téléphone, tablette , ordi.
- Lumière.
Si vous cochez toutes les cases, vous êtes effectivement en "état de dépendance". Et les powerbanks et autres batteries ne vous seront guères utiles, pas plus que les petits panneaux portatifs pour randonneurs.
Dans les faits, quand on s'en retrouve privé, pas mal d'usages peuvent être compensés :
- Chauffage : prévoir une zone chaude avec un chauffage d'appoint.
- Eau chaude : lavage à l'eau froide pour le nécessaire, casserole d'eau chaude pour le reste.
- Cuisson : méthode d'appoint : camping gaz, feu, bougies chauffe-plats.
- Lumière : lampe d'appoint, frontale, lampe rechargeable.
D'autres usages deviennent délicats :
La réfrigération, le lave-linge et le sèche-linge, ainsi que la cuisson électrique et la plupart des appareils électriques ne peuvent pas se charger avec une powerbank. Pour les faire fonctionner, il faut réellement soit une station photovoltaïque complète, soit un groupe électrogène. Le groupe est difficile en ville ou en zone pavillonnaire, à cause du bruit.
Certains usages sont simples à compenser :
- La charge du téléphone, de l'ordi, ou de la tablette.
- Les petits éclairages.
Dans ces 2 cas, toutes les powerbanks, méthodes "à manivelles", panneaux photovoltaiques portables, et batteries gros modèles sont valables.
Du coup, on peut quasi tout prévoir. Avec un Mais !
- Les groupes ne sont pas utilisables en ville, ce qui vous prive des usages énergivores.
- Les stations photovoltaïques autonomes doivent êtes prévues à l'avance, et ne sont possibles en général qu'en campagne.
Impossible de tenir un congelo avec une powerbank, mais ceci dit il va tenir 48 heures tout seul. Impossible de faire tourner une pompe à chaleur, même avec un petit groupe, en plein hiver (par exemple), impossible de faire fonctionner sa plaque de cuisson avec un panneau de randonneur. Et si vous voulez compter vos besoins, ce n'est pas compliqué : additionnez toutes les consommations de vos appareils en même temps.
Lorsqu'on se retrouve privé de tout, ce n'est généralement pas "prévu". Dans les 2 situations qui ont été les miennes, j'ai dû faire sans du jour au lendemain. Dans les 2 cas, je m'en suis sortie. Mais dans le second cas, il m'a fallu tirer un câble du voisin pour le congélo, et utiliser un câble de faible puissance pour l'ordi et le téléphone. J'ai même fait cuire mes saucisses dans la cheminée...
Car au final, dans notre mode de vie actuel, il n'y a que la nourriture (réfrigération, congélation, cuisson), le chauffage à la mauvaise saison, et les appareils de communication (téléphone et ordi) qui sont absolument indispensables. Si la situation perdure au-delà de 48 heures, le contenu du congélateur est mort, pour le reste on passe au plan B. B comme boîtes de conserve :).
De fait, à la belle saison, et avec un four solaire, on peut encore limiter sa dépendance à l'électricité (restent la réfrigération/congélation, et le téléphone/ordi), et là, une vulgaire powerbank permet de s'en sortir pour le téléphone et l'ordi. Concernant la réfrigération/congélation, il me semble que c'est la seule vraie difficulté. Aucun vrai stock possible de ce côté là. Même si on vous vend des trucs et astuces pour garder les choses au frais, ça restera modeste.
Quant à parler d'indépendance, en ville, avec 1 petit panneau portable et une radio à manivelle, ou même une grosse powerbank, pardon, mais ce n'est pas exact. Bien que ce ne soit pas faux : il est indispensable de conserver une possibilité de communiquer. Durant la tempête de 1999, j'ai mangé des boîtes de conserve froides. Et le téléphone était filaire. Internet balbutiait. Une voisine m'a fait chauffé les biberons de ma fille au gaz. Mais ne nous a pas proposé de faire chauffer notre repas. Je me suis donc dit qu'il ne fallait pas compter sur les autres, et prévoir le coup.
2. La campagne, le groupe et la station : autonomie ?
Le mythe de l'autonomie : jamais assez, jamais totale, même à la campagne !
Les panneaux photovoltaïques, posés par le gouvernement avec prime rge, sont dépendants du compteur : si panne, 0 jus. Il faut une batterie. La batterie lithium vendue aux prix des installateurs officiels, c'était 5000 euros pour 5 kW, juste une grosse blagounette doublée d'une belle arnaque.
Le groupe est assez simple à la campagne, il faut alors calculer la puissance nécessaire et faire fonctionner ce qui peut avec ce que l'on peut produire. Il est simple de tenir un congélateur, mais impossible de tenir une pompe à chaleur (5kw de puissance en hiver pour une pompe de taille moyenne). Reste que durant la tempête de l'hiver dernier en Dordogne, la problématique numéro 1 était : chauffage/congélo, suivie par les volets électriques non solaires. La mairie et les pompiers sont donc intervenus et ont prêtés les quelques groupes dispos pour soulager les tensions, par périodes de quelques heures. Le chauffage est resté parfois irremplaçable, et certains habitants sont partis dans de la famille qui habitait plus loin.
Le système photovoltaïque autonome doit être puissant pour proposer un confort "habituel" (toujours sans pompe à chaleur). Et relié à un bon pôle de batteries pour faire le taf lorsque le soleil n'est plus là.
En campagne, nous avons presque tous des poêles ou des cheminées qui ont travaillé à fond durant ces journées venteuses. Du coup feux de cheminées pour les imprudents...
Mais...
Lorsque vous êtes le seul couillon à avoir l'électricité, ça se voit. Inutile de dire qu'en cas d'effondrement, il y aurait quelques candidats à l'emménagement (au mieux) ou au squatt, voire à l'expulsion pure et dure, sans parler du vol des équipements. Dans ce cas, il serait bon de perdre l'habitude de s'éclairer le soir et de faire fonctionner des trucs bruyants. Voire de se passer officiellement de pas mal de confort. Comme tout le monde. Dans mon cas, nous ne nous sommes pas aperçus que le quartier était en panne... à corriger...
Et aussi le bémol de l'hiver : quelle que soit la puissance de votre installation, elle va panner au creux de l'hiver (15 Décembre - 15 Février) si vous ne vous limitez pas à l'indispensable. Quand il n'y a pas de soleil, et la blinde de nuages, ça ne charge pas... Ou très peu... Et pas longtemps... D'ailleurs cette panne de soleil vaut aussi pour les petits panneaux de randonneurs. J'ai fait tout mon voyage en vélo avec des petits panneaux de randonneurs et des powerbanks. Croyez-moi, j'étais contente d'avoir une prise le soir... Pourtant en belle saison (après, je m'en servais pour mes consultations en visio ou par tel, ainsi que pour regarder des films).
Donc l'autonomie consiste surtout à ne pas trop dépendre de l'électricité, y compris à la campagne. Dans le cas d'une autonomie alimentaire avancée, les congélateurs sont précieux, mais il faut prévoir absolument le système de production électrique qui va avec.
Quant à l'usage d'un groupe : ce fut mon cas à Romange et la première réaction des voisins fut de me dire que ça faisait trop de bruit. La seconde d'exiger un câble pour eux. Et nous étions à la campagne. J'ai donc tiré 3 câbles avec les voisins proches, pour tenir nos congélateurs. Ce qui a fonctionné car la panne n'a duré que 3 jours. Au-delà, je pense que ce serait devenu problématique.
Dans les Mais, ajoutez que ces derniers temps, les zones rurales, et notamment les agriculteurs, se sont fait piller leurs réserves de gazole. Voire syphonner leurs tracteurs. Voire piquer les systèmes électroniques des tracteurs. On peut supposer qu'en cas d'effondrement, cette tendance au pillage s'étendra à tout le reste.
3. La ville et l'électricité
Ce qui est simple :
- Prévoir un camping gaz et un chauffage d'appoint.
- Prévoir une powerbank pour votre téléphone et des petits panneaux rechargeables (durant mon voyage en vélo, j'avais 3 powerbanks qui m'assuraient environ 60 heures d'usage intensif du téléphone en cas de nécessité, et 2 panneaux portables).
- Prévoir une petite lampe de camping à manivelle et/ou quelques lampes frontales à pile ou rechargeables (avec le stock de piles).
- Prévoir une petite radio à pile et/ou manivelle pour écouter les news.
- Des bougies chauffe-plats à 3 sous (Ikea ?).
Ce qui est compliqué :
- Impossible d'avoir un groupe (et surtout ne jamais tenter de le mettre chez soi, les gaz d'échappement vous tueraient).
- Difficile d'avoir des panneaux de grande taille fixés sur le toit, ce qui, en plus, vous rendrait visible...
- Le prix du gaz commence à monter, et va se répercuter sur les bouteilles.
- Le prix du carburant va continuer à augmenter.
- Le stockage du carburant nécessite le suivi strict de règles de sécurité (et le traitement de l'essence sp).
Ce qui pourrait être possible :
- D'avoir un groupe pour co-propriété, si l'entente est possible (et la co-propriété raisonnable).
Ce qui est exclu :
- En ville ou en banlieue pavillonnaire, d'être le seul imbécile heureux qui a toute la maison éclairée, voire du feu dans la cheminée.
La ville, les appartements et les chauffages collectifs
Un cas particulier, mais assez répandu. Alors que peut-il se passer ? Selon le niveau de panne, il se peut qu'il y ait des systèmes de groupes électrogènes dans les grands centres urbains (chaufferies collectives). Dans ce cas, il subsistera au moins le chauffage. Il n'est jamais électrique, mais démarre et se régule à l'électricité.
Cela peut être également le cas dans certains gros ensembles, ou immeubles. Et encore dans certains immeubles de grand standing.
Une fois de plus, je ne vous souhaite pas que le système vous offre la lumière lorsque plus personne ne l'aura. D'autant plus que la lumière n'est pas indispensable et peut être facilement compensée.
Manivelle - piles - powerbank solaire ?
Un faux débat : tout est bon, rien n'est parfait. Le soleil n'est pas toujours suffisant. Les piles peuvent couler et endommager vos appareils (ne jamais les laisser dedans). La manivelle marche, mais le "remplissage" n'est pas optimal si le besoin d'énergie est durable. Pour moi, après de multiples expériences, le système à manivelle, c'est pas mal pour la lampe, et la radio. J'ai pas mal de systèmes mixtes piles et charge électrique (sur secteur ou par powerbank), et même des piles-batteries avec un système de branchement direct.
Je vous conseille d'étudier le marché sur Amazon (qui propose tout) quitte à acheter ailleurs, voire de faire vos recherches sur les comparatifs. Attention, tout ce qui est du magasin le Vieux Campeur est de bonne qualité (en théorie), mais souvent hors de prix (et ils n'ont pas nécessairement tout).
La pièce de survie
La pièce bunkerisée et équipée est un must, mais à défaut d'être bunkerisée, elle peut être équipée et sécurisée de façon à tenir un peu plus longtemps. Porte métallique 5 points avec barre de métal, stocks en eau, énergie, alimentation, toilettes sèches, chauffage d'appoint et aération.
Je préfère la solution moins claustrée de la pièce simplement bien prévue. Mais qui permet une entrée et une sortie facile.
Il est par contre évident que lorsque les problèmes arrivent, on cherche son "matos" partout (mais où ai-je rangé ces fichues batteries ?). Il est donc bon de faire le point et de récapituler, pour soi, ses possibilités et les différents scénarios envisagés, comme celui de partir chez Tante Berthe... Et surtout de mettre tout ce qui est prévu à un endroit dont on se souvient, accessible, bien rangé, mais moins facile à détruire ou cambrioler.
- Pas de stocks électriques au sol, par exemple, car l'eau les détruirait.
- Pas de stock en mode caverne d'ali baba, car le pilleur aurait trop de facilités à tout saisir.
- Potentiellement, un vrai et un faux stock qui sert de leurre (les pilleurs et cambrioleurs passent souvent très peu de temps sur un seul endroit).
- Et enfin, qui dit électricité, dit extincteur (gaz carbonique), de toute façon indispensable en cas de désordre.
4. Conclusion
L'électricité, lorsqu'on a bien prévu les indispensables, peut avoir un usage très limité. Inutile, donc, de faire une fixette sur le "jus". Et si vous avez un congélateur plein sans objectif de stocker votre propre production, consommez d'abord le contenu et surtout évitez de stocker 500 litres de plats industriels.
Hélas, l'énergie sera rapidement un bien extrêmement convoité en cas d'effondrement ou simplement de pénurie/disette. Lors du pic de prix et de manque du carburant, il s'en est vendu au black à 15 euros le litre... et plusieurs trafics et vols ont très vite émergé. La discrétion sera donc un point essentiel.
Un accès trop protégé est très vite suspect et rend attirant. Une pièce de survie par exemple, devrait avoir un aspect extérieur soit invisible, soit très simple. Idem si vous stockez. Un leurre bien visible à côté d'une télé, d'un écran, avec un petit coffre sympa et plein de (faux) bijoux, avec un placard semblant faire office de stock, peut vous permettre de préserver l'essentiel. Mettez-y des choses sympas : cigarettes, vins, alcool, boîtes de conserve, etc. et quelques batteries usagées.
Dans les cas de folie due à un incident de type climatique ou géopolitique, les premiers pillages vont toujours vers les magasins, puis les zones pavillonnaires "riches". Enfin, ne risquez pas votre peau ou votre santé pour sauver quelques biens matériels.
En cas d'incident nucléaire vous coinçant en sous-sol pour quelques jours, prévoyez tout de même quelques bougies (0 électronique) ou briquet simple, car l'IEM peut avoir fait quelques dégâts, rendant d'ailleurs votre téléphone inutile (ainsi que votre radio). Ne faites pas non plus une fixette sur votre téléphone portable, car en cas d'incident important, les relais sont également touchés.
Quand préparer son plan B énergie ? Maintenant ! Ce n'est pas dans la panique qu'il faut s'y mettre. Carburant et produits de traitements sont encore disponibles, même si chers (mais pour combien de temps), et tout le matériel concernant l'énergie est tout à fait disponible.
Je vous embrasse
Bon WE, Elizabeth
Résilience; Survivalisme; troisième guerre mondiale; Stocks; Autonomie;
Commentaires
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- 1. Lea Le 13/06/2026
Ma petite expérience sans électricité (avec mon fils de 3 ans)....8 mois en Afrique. Alors évidemment chauffage 0 ce serait plutôt trop chaud ;-))
On apprend à s en passer....on se couche qd il fait nuit et on se lève quand il fait jour. Sinon bougies ou lampe frontale. 2 panneaux solaire plus batterie pour ordi et téléphone. Cuisson au début réchaud au pétrole, j ai vite investit dans une gaziniere acheté en ville (3h de route). Pas de frigo, chiant du coup vache qui rit et margarine qui étrangement ne se liquéfiait pas...acheté un frigo au gaz....là ouf ça a changé ma vie et mon alimentation jusque là limitée à des tours au marché de brousse quotidien. Je précise que j avais une bonne (empregada...en portugais puisque j étais au Mozambique) ça facilite la vie...et nourrit toute une famille avec les 100$ par mois...évidemment stock important de denrées non périssables (chips, conservés, biscuits....) et on mange local...avant d avoir le frigo vous auriez tué pour une boisson fraîche....
Le linge on lave à la main, ça s use plus vite...un jour Leonor (mon empregada) m a sorti le fer, vous savez celui de l arrière gd mère au charbon....alors je lui ai dit que je mettrais froissé MDR....
Ce qui était sympa c était le silence, juste les bruits de la vie basique....alors on avait un générateur juste pour pomper l eau cherché à la rivière et la mettre ds le réservoir sur le toit....autant vous dire 0 gaspi....
Une autre vie, un autre rythme et étrangement j en garde un bon souvenir. 5 min à pied du bureau, tout sous panneaux solaires....
Puis un jour en période d'élection on a été raccordé à l électricité....ahhhh quel changement.....Le bonheur d un coca glacé....mais aussi le bruit, celui des télés, des radios, des sonos....merde je regrettais presque avant....
Je vous embrasse....
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