Petit coucou, dimanche matin 4 heures, je m'auto évacue dans (bip bip bip) 3 heures 35 minutes 12 secondes ......
(non dans les faits je vais voir ma petite fille née le 20 octobre, en Vendée, et bichonner mon grand poussin d'amour (ma fille aînée de 35 ans))
Le Sac de Survie est devenu un Mythe ! La BAD a relancé le concept d'autonomie, le Sac celui de la fuite ...... Et je n'ai toujours pas eu le temps de finir d'écrire mon bouquin sur le voyage, traitant justement du concept de départ, exode, fuite ....... Beaucoup d'entre vous sont préparés, certains y ont pensé et disposent d'un sac à dos avec 2/3 effets dedans. Quelque part, dans un placard, un gros sac, parfois trop lourd, attend qu'on se serve de lui, un jour de désespoir.
Nous ferions bien de faire tous le point sur nos petits indispensables ...... Faute de quoi, le jour J, nous aurons peut-être même oublié où nous l'avons rangé.
Partie 1 : le Sac de Survie
Alors qu'est-ce qu'un Sac de Survie
Nous avons souvent oublié sa définition. Conclusion, j'ai vu pas mal de potes avec 50 kilos de sac ... Si si, à l'armée, il y a 35 ans (voire plus) je le portais sur 20 km. Même 25 ....
Le Sac de survie est un sac (oui jusque là on voit qu'il est 4 heures du mat hein ...) assez léger pour être porté et transporté sur soi en maintenant une marche rapide pendant plusieurs heures éventuellement. Il contient le nécessaire à la survie : se protéger, manger, boire, se soigner.
Dans l'esprit, il n'a donc pas de limite, mais l'image est celle de l'escargot qui porte sa maison sur son dos : mieux vaut que ça soit très léger (ce qui est d'ailleurs le propre de la coquille d'escargot, solide, légère, réparable).
Les stages de type survie, bushcraft and co, vous présentent souvent des hommes entrainés (qq femmes, mais assez peu, il faut le dire), jeunes, musclés, avec un gros sac, marchant en forêt au milieu de nulle part, puis vous déballant un sac rempli de mille et une astuces, avant de se faire cuire du panais sauvage, feuilles et racines, ainsi que qq champignons, voire un lapin pris au collet.
La Survie ne peut pas être plus mal illustrée que par une forêt verdoyante
La survie, c'est plutôt ça à envisager :
Le stage avec le sac couleur camouflage c'est juste du cinoche - du commerce. Dans les faits, le mec il ne manque de rien, il a zéro stress, sa voiture est peut-être garée à 100 mètres, et il a un ami qui est en train de le filmer avant de déboucher une petite bière : sa vie n'en dépend pas (en plus c'est pas très bon le panais sauvage sans rien).
Dans le cas d'un sac de survie et de fuite : votre Vie en dépend.
Pourquoi un Sac de Survie
Parce qu'il est tout à fait envisageable de devoir dégager pour sauver sa peau.
En ce cas, le seul raisonnement possible est qu'il vaut mieux être loin avec pas grand chose, que chez soi avec Tout. Et qu'il vaut mieux perdre son chez soi avec tout, que son existence physique (en ce cas, la question du chez soi ne se pose plus sur cette terre).
Ce qui induit :
- De la préparation physique (pouvoir partir).
- La préparation préalable et la mise à jour récurrente d'un Sac dit de survie.
- La force mentale de tout laisser sans que cela n'ait un caractère destructeur sur votre psychée.
Et un petit quatrième point : sa sagesse de discerner l'indispensable du superflu. Ce qui reste compliqué. Je me rappelle de mon premier gros bivouac à cheval : 90 kilos d'indispensable (pour 2 personnes) ...... Lors de mon dernier bivouac à cheval, j'étais tombée à 20 kilos. Lors de mon voyage à vélo, j'avais 3 saisons de tout, plus le travail, plus 1 mois de stocks, plus matériel électrique, bricolage, duvet confort et tapis de sol, mais j'étais à 60 kilos (en vélo) - poids de la remorque compris. Ma capacité était donc de rouler environ 60/80 km par jour pendant 30 jours sans me réapprovisionner autrement qu'en eau (filtre). La réalité est que ce cas de figure ne se produit presque jamais. Presque ? Si vous voulez passer du Presque à la Certitude, prévoyez 200 kilos et restez finalement chez vous.
La certitude ne fait pas partie de la définition du sac de Survie.
Poids-Contenu
Le vrai chapitre qui provoque clivages et dicussions.
On vous parle d'allume-feu, d'armes, de lyophilisés, et de 1000 gadgets faisant la joie des stands de salons Survivalistes. La réalité est sans doute bien plus sobre :
- Vos médicaments habituels, et une petite trousse de soins,
- Une alimentation ne tenant aucune place pour quelques jours,
- Tout ce qui concerne l'énergie : allumettes (voir allumettes tempête), briquet non électronique, batteries, lampe frontale ou torche, etc....
- Une tente et de quoi dormir,
- Chaussures et vêtements adaptés et adaptables, vous protégeant entre autres de la pluie et du froid ou du soleil sur la tête,
- De quoi se réapprovisionner en eau (filtres),
- Quelques produits d'hygiène,
- De quoi chauffer de l'eau,
- Couteau et ou pince multi-tool,
- Les croquettes du chien, mais un gros chien sait porter un sac à dos pour chien avec ses croquettes,
- Vos papiers en sac étanche.
Et ce qui va vraiment vous sauver la peau, c'est que l'ensemble est portable longtemps par votre modeste personne. Qui ne sont sans doute pas entrainées. Pour une femme 10 kilos, 15 si elle est jeune. Pour un homme 15, 25 kilos s'il est en pleine forme. Le reste va vous ralentir. Vous allez vous arrêter 1 à 2 heures plus tard : trop tôt. Si vous devez fuir à pieds, prévoyez plusieurs heures d'éloignement.
Pour ceux qui peuvent fuir en vélo ou en voiture, oui on peut prendre bien plus. Mais prévoyez alors une version courte, au cas où ce ne serait pas possible (embouteillages, IEM, visibilité, etc......). Et pour les familles : prévoyez que Papa Maman portent parfois pour 2 ou 3. Par contre, il ne faudra peut-être qu'une seule tente.
Les mythiques astuces du Sac de Survie
As-tu pensé aux préservatifs ? Ca sert à tout ! Et aux jumelles à vision nocturne ? On sait jamais. Emmène des clopes, tu peux troquer. Faut penser au garrot, indispensable en cas de blessure. Et aux ciseaux de découpe des vêtements. Et à la couture possible des tissus (humains ou vêtements). Etc......
Oui c'est vrai, qu'il existe plein d'astuces. Toutes plutôt bien pensées. Sauf que lorsqu'on ne s'en est jamais servies, elles sont inutiles. Et l'adrenaline, là je l'injecte ou pas ??? Je recouds comment : serré ou non, 100% ou 95%, la première couche ou les 2 ? Je garrote ou pas ? Et combien de temps ? Puis je l'enlève ou pas mon garrot ? Bon prévoyez tout de même les ampoules aux pieds : elles n'ont rien de mythiques elles.
Voici un lien vers un site sépcialisé : https://autonomie-survivalisme.fr/sac-de-survie/#google_vignette
Mais si vous préparez tout ce qui est proposé, ça va peser une blinde. Allez sur Amazon, tapez sac de survie et regardez les contenus d'un oeil critique : beaucoup de gadgets ou d'objets vous donnant le sentiment d'être protégés. De fait, ça a le mérite d'exister. Les poids sont lights, mais ils ne contiennent pas de vêtement, pas de tente, pas de duvet. Parfois des batons lumineux (non mais franchement, une bonne frontale c'est suffisant dans 99,99 % des cas). Pensez aux basiques : dormir, manger, boire, se soigner. Dormir par + 5°C enroulé dans une couverture de survie est totalement impossible. Et espérer faire une petite tente avec une couverture de survie dehors par mauvais temps est une illusion XXL.
Tout doit être pensé simple, petit, accessible, utilisable par presque tous, efficace contre les soucis météos, la faim, la soif, et la lenteur, ainsi que la douleur. Le reste, c'est de la surcharge sauf si vous avez une équipe avec répartition des charges.
Une mention sur les repas lyophilisés : chers souvent. Donc on en prend peu. Les biscuits sont la meilleure alternative (biscuits complets type militaires). Oui au fait de se faire plaisir avec quelque chose de bon à grignoter, mais ça doit rester léger. Le chocolat donne soif, l'alcool déshydrate, idem la viande séchée : donc attention.
Partie 2 Fuite et Bivouac
La Fuite
La Fuite est souvent brutale, donc peu réfléchie, et source d'un grand stress. Donc les préparatifs de dernière minute seront sources :
- D'oublis majeurs,
- De pétages de plombs familiaux, voire de conflits,
- De surcharge potentielle.
Prévenir est votre premier devoir. Ce n'est pas si long que ça. En parler, y réféchir. Etre au moins daccord en famille, à défaut d'avec tout le monde. Votre temps de réflexion sera, au dernier moment, de durée variable. Mais dans le pire des cas, il s'agira peut-être de moins de 3 minutes (Bombe sale qui explose à une distance insuffisante, alerte bombardement). Vous ne ferez rien de bon dans la panique.
Vous devez donc prévoir, notamment pour les citadins :
- D'avoir un sac prêt,
- D'avoir un itinéraire, voire 2 ou 3 intinéraires prêts,
- D'avoir des chaussures de sport utilisables et disponibles.
Dans le cas d'une alerte à la bombe : la préparation est nulle, le temps est inférieur à 2 minutes, et la réflexion impossible. Si vous êtes dehors, vous êtes potentiellement mort. On prend son sac, son gosse ou son chien, et on file à la cave ..... Si c'est encore efficace. Allez regarder les vidéos de reporting en Ukraine. Si si ...... surtout celles faites par des journalistes indépendants.
Le Bivouac stratégique
Le bivouac stratégique n'est pas un camp de vacances. On n'y fait pas de feu (sauf excellentes conditions de sécurité) . On ne se fait pas voir. On eteint les frontales dès que possible (ou plutôt on les allume seulement si nécessaire). On ne parle pas et on ne rigole pas en grillant des gimauves sur un feu de bois.
Non non non : ce n'est pas du tout ça ....
C'est plutôt ça ;
(campement de bric et broc en 39/45)
Les règles de base sont simplissimes :
- Pas Vu, pas Pris (attention au repérage thermique),
- Mobile = Vivant,
- Vigilance = Garde jour et nuit,
- Je sais où je suis, où je vais, et comment j'y vais,
- J'ai tout ce qu'il faut sur moi pour rester en vie coupé de tout,
- Se déshabiller pour faire dodo = danger,
- Un bruit, une lumière ou une personne visible est avant tout un risque potentiel,
- Un défaut de soin, d'alimentation = mise en danger.
Comme ça, cela semble très exagéré. Et je ne suis moi-même pas une spécialiste du tout. Mais il est possible de partir de ces règles et de les assouplir en fonction de ce qu'on peut ou de ce qu'on doit. Dans mon cas, en bivouac, j'ai souvent planqué mon coin dodo, m'étant abstenue de toute forme de flamme, limité les éclairages, et ce qu'il fallait sous l'oreiller. Lors de mon dernier voyage, si le camping était très isolé et peu fréquenté, je me planquais largement. Je ne bivouaque plus en forêt : il y a trop de monde ...... Idem les tunnels, les dessous de ponts, etc..... Reste que lorsqu'on dort, on est vulnérable. Point à la ligne. Et on ne peut pas ne pas dormir. Un bivouac stratégique seul est donc potentiellement difficile. Dormir de jour et marcher la nuit est possible, mais difficile. C'est parfois impossible sauf lunettes nocturnes de bonne qualité. Souvent d'ailleurs, c'est inutile. De nuit, on est 2 fois plus audibles.
Comment on réalise sa nuitée de bivouac stratégique au plus simple ?
- On cherche un "spot" de bivouac caché et sécurisé (enfin le plus possible), on fait de jour tout ce qui entraîne l'usage de la lumière : réchauffer, manger, se déplacer, monter une tente ou un coin au sec dans un sursac.
- On reste habillé et prêts à partir : hormis les affaires qui sont sur soi, tout est rangé. On garde ses chaussures.
- Si l'on est 2, on alterne potentiellement les gardes. Dormir de façon intense et brève peut tout à fait suffire.
- Ne pas dormir n'est pas envisageable bien longtemps : vous allez perdre votre discernement .....
- A partir du moment où la nuit tombe, on sait que tout doit être fait et que le pipi potentiel se fait sans frontale.
- Ne pas oublier : les soins obligatoires, aux pieds par exemple.
Quelques ennemis naturels prévisibles :
- L'humidité n'est pas supportable bien longtemps. Elle est génératrice de nombreux ennemis.
- Le froid est dangereux, l'hypothermie tue.
- Le froid + vent + pluie accélèrent gravement le processus.
- La pluie vous glace à une vitesse fulgurante, s'en abriter c'est vital. A partir du moment où vous êtes mouillé, il ne vous reste plus que quelques dizaines de minutes, voire moins s'il fait très froid.
- La grande chaleur est très dangereuse, notamment par déshydratation, mais pas que.
- Votre fatigue vous détruira le mental et le physique.
- La douleur, même d'une simple migraine, peut devenir invalidante, ou rendre fou.
- Des pieds abîmés sont invalidants.
- Le premier ennemi est le membre du groupe qui pète les plombs, s'assurer en préventif que ça n'arrive pas, l'anticipation consiste à être rassuré.
- La faim, la soif, sont invalidants passé une certaine intensité.
- L'adrenaline vous sauve la vie, mais si le stress devient chronique, vous ne tiendrez pas le coup longtemps.
- Tout est supportable de façon brève, rien ne le reste longtemps, le temps n'est donc pas un ami si il n'est pas géré.
Comme vous l'imaginez à présent, votre meilleure amie reste l'anticipation, la réflexion, avec ses meilleurs potes : un mental fort et un corps entraîné.
Reste à se défendre. Mais je ne suis pas du tout une spécialiste. Donc allez sur des sites spécialisés. Le sujet ne sera pas abordé ici.
Gros bisous, et à vos compléments/commentaires pour aider à finaliser le sujet.
Elizabeth





