Chers Tous,
Second opus, il ne remplacera jamais la formation ou l'expérience, mais j'espère qu'il contribuera à vous aider.
Vous pouvez vous former, par mon intérmédiaire, à de nombreux sujets sur l'autonomie, soit auprès de moi, soit avec des fermes que je connais.
Une formation complète est possible - sur devis, en fonction du nombre de personnes. Tous les sujets seront abordés. Je suis désolée de ne rien vous proposer gratuitement, mais je dois subvenir aux besoins de ma grande famille à plumes et à poils pour les probables 7 à 9 mois à venir, sans prairie, et en mode restreint, et améliorer potentiellement l'outil de formation pour pouvoir accueillir le plus de monde possible.
La première partie s'adressait à tous, dans le but de passer une crise que nous espérons courte, en comptant sur le fait que tout ne manquera pas en même temps. La seconde partie s'adresse tout particulièrement à ceux et à celles qui veulent définitivement tourner la page des incertitudes pour eux-mêmes et leur famille. Elle peut être très facilement mise en oeuvre en terrain rural, avec un peu de terrain.
Je vais tenter de faire une synthèse assez complète de ce qu'il faut maîtriser ou obtenir dans un objectif d'autonomie. D'abord l'autarcie n'existe pas. Vous continuerez d'avoir besoin les uns des autres ; et c'est tant mieux ! Rien de pire que la solitude. Personnellement, je préfère encore la mort. Vous ne saurez donc pas tout faire, vous ne deviendrez pas, à la fois, bricoleur, chirurgien, forgeron, couturier, éleveur, maraîcher, médecin, curé et maître d'école...
Commençons par un petit bilan personnel.
0°) Le degré d'autonomie : LE TEST
Le 100% étant de l'ordre de l'impossibilité, estimez votre autonomie actuelle, votre dépendance, à qui ou à quoi, et évaluez votre niveau :
- Eau, la dépendance la plus sensible, 3 jours sans boire, les solutions sont des plans de replis durable et accessibles : 4 points, 2 points pour 2 semaines de stock, mais 3 si vous possédez de quoi filtrer, purifier et stocker en plus de vos stocks.
- Electricité : 3 points si vous ne dependez pas de l'état (soit kit batterie + panneaux avec 5 KW de réserve) - sinon 0.
- Chauffage : 3 points pour un plan de repli indépendant, 2 pour un appoint indépendant, 1 pour un stock de bougies.
- Nourriture : la solution ne consiste qu'à la produire : 3 points si vous assurez viandes (ou protéines) et légumes, 2 si vous avez les légumes ou la viande en quantité suffisante, 1 si vous avez 1 semaine de stock, 3 points pour 6 mois de stocks pour toute la famille, + 1 point si vous assurez les sucres (miel) ou le gras.
- Soins : on ne se transforme pas en médecin, mais on en glisse un dans son réseau, et surtout on apprend à soigner les choses basiques : 2 points, 0 si vous savez mais n'avez aucun stock de rien.
- Addictions : cigarettes, alcool, drogues, sexe, Pouvez-vous - ou non - vous en passer ? Plus ou moins 1 point - pas d'addiction : 2 points.
- Médicaments : absolus et obligatoires, vous avez déjà organisé le plan B pour 6 mois : 2 points, 4 si certains médicaments sont vitaux (insuline par ex).
- Vous maîtrisez votre environnement à +/- 15 km de jour comme de nuit, petits chemins inclus, forêt aussi : 2 points, à plus de 70% 1 point.
- Vous avez un réseau de voisins, amis, gens de votre commune, et vos rapports sont plus que courtois avec la majorité, vous vous rendez parfois service : 2 points, si vous ne faites que vous saluer, ça ne compte pas.
- Vous avez prévu de pouvoir vous déplacer en toute autonomie, matériel et aptitudes : 2 points.
- Votre solidité psychique fait de vous un chef de famille assumé, calme et rassurant : 2 points, 1 point si vous êtes calme au minimum.
- Vous êtes apte à respecter les règles, mais à les transgresser si cela vous semble important pour préserver votre vie : 2 points.
- Vous avez prévu de répondre aux besoins de votre famille sur le plan de l'hygiène : 2 points, et de l'hygiène mentale, encore 2 points.
- Vous avez une forte addiction : - 4 points.
- Votre survie dépend d'un médicament pour lequel vous n'avez rien prévu en stocks : - 4 points.
- Vous habitez en ville : - 2 points.
- Vous avez prévu de pouvoir sortir de chez vous à n'importe quel moment, et quel que soit l'étage : 2 points.
- Vous avez l'art de repérer les agressions potentielles et de les prévenir : 2 points.
- Vous êtes apte à gérer une agression : 2 points.
- Vous pouvez gérer la sécurité complète de votre domicile, intérieur et extérieur : 2 points.
- Votre formation vous permet de naviguer en ville en état de guerre civile ou d'alerte militaire : 2 points.
- Votre expérience vous permet de naviguer à la campagne en situation dégradée, et en restant invisible : 2 points.
- Vous disposez d'un bunker équipé pour 12 mois de survie 10 points.
- Vous êtes d'un naturel observateur, organisé, courageux, dynamique, confiant en lui sans excès : 2 points.
- Vous êtes sédentaire, bureaucrate, non sportif, sauf jeux vidéos et youtube : - 4 points.
- Vous êtes sportif, vous aimez vous ballader, ou votre travail consiste à bouger beaucoup (ex : aide soignante), ou vos loisirs sont créatifs et extérieurs : + 4 points.
Faites le total de toutes les lignes et de tous les points : 64 points au maximum - Si vous avez 64 points, vous êtes une sorte de Kador de la survie, Bravo, venez m'aider à former le maximum de gens - sauf si vous êtes parano et égoïste, ce qui provoque un malus de 20 points.
- Votre score est négatif : la vie vous a fragilisé, vous êtes dépendant du système, ne restez pas isolé(e).
- De 0 à 20 points : vous êtes faiblement autonome, sans doute parce que les conditions ne s 'y sont pas prêtées.
- De 21 à 33 points : l'autonomie vous préoccupe, et vous avez déjà avancé, mais certains objectifs sont difficiles à atteindre.
- De 33 à 42 points : vous êtes très avancé dans l'autonomie, mais un bilan détaillé s'impose, secteur par secteur.
- A partir de 43 points : vous êtes autonome, mais attention certains secteurs sont oubliés.
- A partir de 53 points : vous êtes autonome, le risque serait de mourir seul(e).
Tout test est contestable - il n'a pour objectif que de se situer par rapport à ses propres objectifs - si on en a.
Mon score personnel est de 47 points.
1°) Le mythe de la verte, de la cueillette et de la chasse
On se le dit parfois, si les méchants arrivent, on "prend la verte", on consomme de bonnes petites plantes, on dort sous une tente, et on se sauve plus loin. Voire on remplace nos coûteux légumes par les gentilles plantes de la forêt et des chemins. Et hop, à nous les soupes goûtues et autres "pestos" de plantain. Ce n'est pas si simple. En milieu semi sauvage, les plantes du sol peuvent être contaminées par des parasites vraiment dangereux (urine de renard, ou de ragondin, ou de rat tout court), il faudrait donc bien laver et rincer, voire chlorer. Ou cuire. Je ne vous parle pas non plus des erreurs mortelles. Genre l'ail des ours avec le muguet. Si si... Ou la carotte avec la cigüe, et il existe des dizaines de confusions possibles. Qui font leur moisson tous les ans, champignons compris.
Alors quoi cueillir lorsqu'on ne sait pas bien, ou qu'on est pas très certain ?
- L'ortie et ses cousines, toutes protéinées à différents degrés et qui n'ont pas de soeur jumelle toxique.
- Le pissenlit.
- Les mures sauvages.
- Les châtaignes sauvages en saison, et autres noisettes.
- Les griottes (cerisiers sauvages).
Tout ce qui est au sol doit être lavé/cuit. Le pesto c'est bon si vous avez de l'ail et de l'huile d'olive. La soupe d'ortie c'est fameux, mais avec un peu de pomme de terre ou un accompagnement. Le pissenlit jeune fait une bonne salade, vieux il est amer. Mais à la mauvaise saison, il n'y a plus grand chose à reconnaître. Les plantes vertes apportent, ortie mise à part (230), environ 14 à 25 Kcal pour 100 grammes, et il vous en faut 1500 à 1800 par jour; sans trop bouger.
Reste la chasse ou la pêche. Imaginez une bande d'affolés qui prennent le 12 de grand papa, n'ont jamais vraiment tiré, et pensent tuer un sanglier à côté de chez eux. Surtout fuyez, ça va être dangereux pour tout le monde, quoique les sangliers seront sans doute absents du programme. Seuls les chasseurs savent chasser. Pour la pêche, c'est un peu le même topo. Et les étangs sont souvent privés. Restent les escargots.
C'est parce que les gens imaginent ce type de scénario trop souvent proposé sur youtube, qu'il risque d'y avoir des accidents, des pillages, des affamés.
Concernant la viande et les légumes. Préparez-vous surtout à payer, ou développer un réseau, ou encore faire vous-même. Le plat d'ortie sera un plus pour les soirées d'hiver.
Ceci dit on peut faire de la lessive avec du lierre, une pommade anti inflammatoire avec du plantain, et un tas d'autres choses.
J'ajoute un point qui me tient à coeur : lorsqu'on emmène les petits enfants de moins de 7 ans à la cueillette, la conscientisation n'est pas suffisante pour les prévenir du danger d'erreur. Pour certaines plantes, comme le datura, une seule prise, une seule feuille...
Voilà, on a vu les mythes, revenons sur terre.
2°) L'eau potable
Soit vous avez un chez vous avec de l'eau issue d'un puit, d'une source, d'une veine ou d'une nappe, Soit vous avez un abonnement, Soit vous payez un nombre d'heures de consommation d'eau d'irrigation, soit vous apprenez à filtrer, soit un peu de tout ça. La plupart du temps, même les propriétés dites autonomes payent quelque chose. Mais elles ont effectivement un accès à l'eau, souvent légiféré.
Il est toujours possible de récupérer, en grande quantité, durant la saison humide, de l'eau de toiture, il se vend beaucoup de cuves d'occasion, notamment sur le boncoin, à 50 euros pièce, au lieu de 250 neuve. Il faut simplement savoir si elles ont contenu, ou non, des produits toxiques.
Les puits, sources, veines, autres forages, et nappes sont théoriquement soumises à législation : déclaration, compteur et minimum de taxe.
Quelle que soit l'origine de l'eau, le conseil est systématique : il faut un filtre à gravité. L'eau dite naturelle traverse différentes couches géologiques qui peuvent avoir été accidentellement polluées, idem les sources.
Si vous devez emprunter le chemin de l'évacuation de l'eau que l'on peut..., elle doit être (si elle est très sale).
- 1°) Filtrée grossièrement (grosses particules).
- 2°) Décantée.
- 3°) Encore filtrée, avec un filtre de type café.
- 4°) Puis passée soit dans une gourde à filtre, soit avec une pastille de désinfection (ou 4 g. de javel ménager), soit les 2 si doute .
Si l'eau est claire, ce qui est souvent le cas, la gourde filtrante peut suffire, surtout si c'est de l'eau courante. Mais ne sous-estimez pas le risque de la jolie source en montagne, potentiellement souillée en amont, par un cadavre, ou des excréments, le tout parasité. Un forme d'entéro toxémie peut tuer un enfant ou une personne fragile, en très peu de temps. Les bactéries issues du tractus intestinal sont responsables tous les ans de morts aux USA, les procédures étant moins exigeantes qu'en Europe. De façon générale, parasites et protozoaires polluent de façon invisible.
Eau en temps de guerre.
3 jours sans boire maximum, à défaut une mort affreuse.
Eau en temps de guerre : facilement polluée, voire coupée ! Parfois juste non fiable. La moindre gouttière devient alors importante, et durant le siège de Sarajevo, connaître ses points de chute était vital. Sachant que les Snipers les connaissent aussi.
3°) Le repas
3 semaines maximum, à défaut un affaiblissement lent, mais inexorable (et un pétage de plomb de toute la famille au-delà de quelques heures).
Nous consommons entre 1500 et 2500 Kcal par jour, mais parfois jusqu'à 5 000 pour un sportif de haut niveau. Curieusement, ce sont donc les métabolismes ultra exigeants des sportifs qui sont les plus exposés à la disette. Tandis que les grands endormis sont en mesure de rester immobiles en consommant une énergie minimale.
Une salade verte, c'est 18 Kcal aux 100 grammes. Je vous passe le nombre de salades pour être "nourri". L'homme est de base omnivore, consommant un régime équilibré de protéines, glucides et lipides, pour obtenir son équilibre entre l'énergie consommée et le renouvellement, tant cellulaire que d'entretien.
Dans l'article ci-joint, vous avez toutes les connaissances de base indispensables à la compréhension de la diététique : Tableau glucides, lipides et protéines : comprendre et utiliser leur composition au quotidien
Globalement, et convictions personnelles mises à part, un régime équilibré peut être constitué d'un peu de viande ou de poisson, des féculents, et des légumes, ainsi que des produits laitiers. Le reste est affaire, comme je vous le disais, de convictions. Mais n'oubliez pas que lorsqu'on a faim, vraiment faim, on mange ce qu'on peut. En situation habituelle, il nous est possible de privilégier telle ou telle habitude. En situation de crise nous adaptons nos habitudes au contexte.
Etre autonome en viande et légume, voire poisson et légumes est possible. Certains animaux, comme les moutons, ou les lapins, sont des herbivores stricts. Il faut un clapier par lapin et 1000 m² d'herbe par mouton. Les volailles sont exceptionnellement généreuses avec leurs oeufs, mais elles nécessitent un repas plus diversifié, avec quelques restes pourquoi pas, mais un assortiment avec glucides et protéines, traditionnellement obtenu par des céréales et un parcours avec la blinde de vers de terre. A défaut de parcours, en contention, il leur faudra un apport de protéines. Les céréales s'achètent ou se troquent. Peuvent se produire, mais c'est plus complexe qu'il n'y paraît. Les poules peuvent aussi consommer des féculents cuits. Certains élèvent des vers (mouches) pour leurs poules, et c'est possible.
Concernant les lapins, ou les moutons, il faut tout de même se procurer les souches d'élevage. Les brebis de race laitière peuvent vous procurer un lait de très bonne qualité, mais le beurre risque de développer un goût difficile. La vache demande une surface de 1 hectare par animal, et elle ne produit du lait que si elle a régulièrement des veaux. Pour cela il faut un taureau ou une insémination artificielle. C'est un animal trèèès légiféré actuellement.
Pour un particulier disposant d'une petite surface de jardin (prenons l'exemple de 300 m²), je conseillerai une poule par membre de la famille, 40 m² de potager toujours par membre de la famille. Un potager choisi, quelques poules et pourquoi pas quelques lapins, et l'autonomie est faite en alimentation.
Néanmoins, concernant les poules, un enfermement strict la nuit est OBLIGATOIRE. Sinon, le renard ou la fouine... Concernant la reproduction comme l'alimentation, la basse-cour attire les rats. Il est indispensable de prévoir un piégeage et une élimination à mesure. Les rats dévorent également les poussins et les lapereaux, parfois au travers des barreaux. Certaines trappes automatiques existent et sont efficaces, néanmoins pas données.
Concernant le potager, il existe des légumes faciles et productifs, d'autres moins. Tout le monde peut réussir les basiques, qui vont presque partout et peuvent se garder en terre un moment pour certains :
- Pommes de terre.
- Cucurbitacés.
- Tomates.
- Haricots légumineux, haricots verts.
- Choux, notamment le kale, dont on peut prélever des feuilles au fur et à mesure.
- Côtes de bettes, idem, prélèvements toute la saison, y compris froide.
- Betteraves.
- Petits fruits rouges (cassis, roncier domestique (la mure), groseille, casseille, framboises, fraises).
D'autres vont dépendre du climat et de la terre de votre région et terrain. Il faudra également penser à la lutte contre les limaces, soit à partir de sulfate ou phosphate de fer, non toxique pour le reste de la création. La plupart des légumes sont sensibles aux attaques fongiques si le climat est chaud et humide,
Il est également possible de développer des ruches, à condition de ne pas résider en zone pavillonaire, où la moindre piqure dans le voisinage vous crééra des ennuis.
L'ensemble mérite une formation, il est difficile de devenir, du jour au lendemain, apiculteur, maraîcher, et éleveur, sans le moindre apport extérieur. Quelques bons livres vous apporteront beaucoup, mais pas tout.
Comment prévoir, soit un stock, soit une culture, soit un mixte des 2 (recommandé) ? Et bien en comptant chaque jour une part de protéines, glucides et lipides pour chaque membre de la famille. Riz, pâtes, purée lyophilisées, couscous en stock, légumes frais au jardin, boîtes de conserve mixtes en stock, poulettes en ponte. Ajoutez quelques packs d'eau. N'oubliez pas le plaisir, notamment les sauces en conserve, ou le chocolat (sans lait, pour qu'il se garde), biscottes et biscuits (attention faible durée de vie), huile, vinaigre. L'huile d'olive se garde trèèèèèès longtemps. Le sucre bien entendu, et la farine, avec de la levure pour faire quelques pains si nécessaire (on peut également fabriquer son levain).
Lorsqu'on cultive ses légumes, et fait sa viande, un congélateur est un bon outil, à condition de lui octroyer une source d'énergie pérenne. Les plantes sauvages peuvent aider - un peu - à la belle saison.
TOUS les stocks doivent être conservés en containers étanches et bien fermés. Sinon les rats vont détruire, salir, voler. Si vous avez la chance d'avoir des fruitiers, tels que vigne, ou pommes, ou encore noix, les fruits peuvent être conservés, mais gare aux loirs.
Enfin, pour déculpabiliser les 100% citadins, un stock peut tout à fait convenir. En dessous de 15 jours, ça ne s'appelle pas un stock, et il reste à définir le temps dont vous avez besoin, ce qui est personnel. Mais à défaut de point de chute, plusieurs mois s'imposent.
Concernant les techniques potagères, elles ont évolué, et grâce à quelques astuces, beaucoup peut être fait. Faire ses semences, ses plants, les pommes de terre sans travail du sol, etc.
Stocks, élevage et maraîchage en temps de guerre : hautement susceptibles d'être volés, l'endroit est donc proche du domicile, surveillable, sécurisable. Ceci dit il n'est pas nécessaire que chaque membre de la famille dispose d'un potager. Il vaut mieux un vaste potager familial bien situé et sécurisé, que le chacun pour soi dans de mauvaises conditions.
4°) Se protéger des éléments, avoir chaud (et sec)
Le froid et la pluie, c'était une part des morts durant la seconde guerre mondiale. Bronchite, pneumonie et hop, au paradis.
Il faut être en mesure de réchauffer une pièce, et de dormir dans cette pièce ou une autre, à température raisonnable. Une pièce, c'est facile., pour la chambre, une bouillotte et de grosses couettes font très bien l'affaire, même lorsqu'il gèle. Ce que j'ai connu d'ailleurs. Chez ma grand-mère, c'était la brique dans du papier journal.
Il est inutile de se prendre pour un héros qui résiste durablement à des températures désagréables. Une pièce à 18°C, vaut mieux que tout un appartement à 12°C. Et une caravane peut se chauffer avec bougies et pots de fleurs, car l'espace est petit, confiné. La pièce chauffée restera à peu près sèche, ce qui est indispensable pour la santé.
L'autonomie, c'est selon : du bois de chauffage, du gaz en bouteilles, du pétrole, un circuit relié à un poêle avec bouilleur. Généralement, on combine le chauffage avec la cuisson des aliments, idéalement à la campagne, on avait une cuisinière à bois. Mais il n'est pas possible de monter un poêle à l'improviste, car il faut mettre en place une évacuation, elle-même isolée. Par contre, une cuisinière à gaz, c'est facile, idem un poêle à pétrole, ou un camping gaz. Chaque solution est unique et correspond à vos infrastructures actuelles. Et vos moyens. Mais tout moyen nécessitant de l'électricité en plus d'une autre source d'énergie (comme le poêle à pellets par exemple), est susceptible d'être en défaut.
Petits moyens, ville : je préconise un petit poêle à pétrole ou gaz, et un camping gaz.
Beaucoup pensent pouvoir trouver du bois fastoche en forêt en cas de crise. 1) voler du bois coupé, c'est immonde, et 2) si tout le monde va chercher du petit bois en forêt, ça risque de devenir vite compliqué, 3) on ne s'improvise pas bûcheron, 4) il faut encore le ramener, le tout sans se faire trop voir. Le mieux est d'avoir prévu son stock de bois à l'avance si on n'est pas en mesure de bûcheronner.
Le chauffage et l'énergie en temps de guerre : vous n'êtes pas sans avoir remarqué qu'il fait vraiment froid à Kiev, et que les Russes ont sabordé de nombreuses sources d'énergie. C'est en effet l'une des premières mesures visant à affaiblir "l'ennemi". Il est donc indispensable de prévoir que l'électricité sera tôt ou tard coupée, donc adieu la pompe à chaleur, le poêle à pellets, et même la chaudière à gaz, fuel, bois, à allumage automatique.
5°) L'énergie
Elle sert à s'éclairer, recharger ses appareils divers et variés, parfois chauffer le repas ou mettre en route le système de chauffage.
Il est donc indispensable de prévoir ce qui vous semble indispensable : un peu d'éclairage, pourquoi pas, mais attention si vous êtes les seuls. Je ne préconise pas d"allumer les lumières quand personne ne peut le faire. Il vaut mieux, en ce cas, des frontales pour les strictes besoins. Et apprendre à vivre de jour.
Faire fonctionner une pompe à chaleur en autonomie est très difficile. En fonctionnement et pour une maison, c'est souvent 5 kw de l'heure.
Avoir ce qu'il faut pour démarrer le chauffage, recharger son téléphone et faire le repas, c'est très accessible, notamment avec les kits complets panneau/onduleur/batterie.
Une autonomie complète en électricité coûte quelques sous et nécessite une main d'oeuvre qualifiée souvent peu disponible voire inexistante. Une maison moderne nécessite au moins 50 kw de stockage, et une vingtaine de panneaux avec plusieurs onduleurs. Sans compter les pannes. Sans compter les mois de janvier et février, où la lumière manque.
Un banque d'énergie intermédiaire est un bon compromis, en se limitant au strict indispensable (on ne fait pas chauffer son repas).
Une spécificité pour ceux qui sont autonomes en eau sur nappe, ou veine : la pompe fonctionne à l'électricité, comme le ballon de maintien de pression.
Il n'existe donc pas une seule solution, mais plusieurs qui correspondent à autant d'objectifs. Néanmoins, l'autonomie eau/électricité est une sorte de tout interdépendant. On peut aussi ajouter un méthaniseur dans un contexte de ferme.
L'électricité en temps de guerre : très vite le grand perdant du concours des ennuis possibles... Soit on prévoit, soit on va au blackout.
5°) L'hygiène, et les odeurs
L'absence d'hygiène est très vite difficile sur le plan social. Puis sur le plan de la santé.
En cas de crise, la plupart des gens n'auront rien prévu, et ils urineront/défèqueront n'importe où, avec les risques de pollution qui en découlent.
Que faut-il prévoir :
1°) Pouvoir uriner et déféquer en sécurité et sans odeurs résiduelles, en gérant l'accumulation des déchets.
2°) Pouvoir se laver, notamment les mains, à toutes fins d'éviter les attaques bactériennes.
Dans une ferme, il est simple de récupérer le contenu des toilettes sèches, et de le composter pour le jardin (en théorie, il faut 2 ans de compostage pour regagner la sécurité). Dans un appartement, ou une maison de ville, les toilettes sèches ne vous soustraient pas à la nécessité de gérer les déchets : sacs poubelles à vider en décharge, pots de chambre à vider une fois par jour. En pleine nature, un trou reste indispensable, régulièrement rebouché. Ce qui est certain, c'est qu'en cas de panne d'électricité ou d'eau courante, les toilettes traditionnelles sont en panne. Et si vous disposez d'un petit jardin, se soulager restera possible, un temps... Imaginez une famille de 4 personnes, 200 m² de jardin de ville. Au bout de quelques semaines, il y en a partout, avec du papier...
Ce détail de gestion est paradoxalement l'un des plus importants qui soit. L'urine et les feces peuvent être traités séparément. Les urines peuvent encore être évacuées un temps par les toilettes, avec un seau d'eau tous les x passages. Les urines sont également partiellement réutilisables comme engrais dans le potager.
Les solutions peuvent être mixées : récup potager, stockage en sacs pour évacuation, trou dans le jardin ou la nature. Mais les toilettes sèches sont inévitables en solution de repli. Dans le temps, les pots étaient vidés et coulaient dans une rigole au milieu de la rue. Tenir le "haut du pavé" voulait dire qu'on n'avait pas à se salir. Les femmes, comme les hommes, faisaient leurs petits besoins au fur et à mesure, grâce à des sortes de culottes fendues. Et les maladies allaient bon train. Il parait que Versailles puait la mort... Les uns et les autres faisant parfois un peu n'importe où.
Pour revenir aux mains, c'est en apprenant aux gens à se laver les mains que l'on a partiellement éliminé les maladies les plus courantes.
Quant aux odeurs, ne sous-estimez pas leur pouvoir conflictuel.
L'hygiène en temps de guerre : souvent doublement désastreuse entre manque de moyens et stress.
6°) La sécurité
Elle commence par l'évitement !
- Eviter les embrouilles, les envieux, les lieux malsains, les situations embarassantes.
- Passer sous les radars.
- Habillé comme tout le monde, faisant la même tête que tout le monde.
- Pas de signes extérieurs de richesse.
- Pas d'éclairage durant les pannes.
- Pas de voiture durant les phases de pénuries complètes de carburant.
- Respecter si possible le couvre feu, et les règles courantes.
- Surveiller son environnement.
- Eviter les points de rassemblement.
Puis vient la protection.
Faites des cercles autour de votre domicile :
- La zone 1, c'est l'ultra confinement, personne ne doit y rentrer sans votre autorisation, par exemple, votre appartement.
- La zone 2, c'est l'abord immédiat, une entrée doit déclencher une alerte, au minimum une surveillance accrue : par exemple l'escalier, le palier. Une personne étrangère peut faire l'objet de questions simples : que ou qui cherchez-vous ? Puis-je vous aider ?
- La zone 3 entoure la zone 2 : la circulation fait l'objet d'une surveillance constante, même si non obsessionnelle : par exemple la cour de l'immeuble. Les mouvements doivent attirer mon attention, et nécessitent une réaction de ma part en fonction du contexte. Toute personne peu connue qui arrive ne devrait pas pouvoir aller plus loin sans bonne raison.
- La zone 4 est publique : la circulation est libre, mais l'observation s'impose. Je ne dis rien, mais je note tout changement.
Et comment se protéger à son domicile ? Qu'avez-vous prévu ? Qu'êtes-vous en mesure de faire face à une menace ? Tenir, fuir ? Selon quels paramètres ?
Enfin se protéger lors des inévitables déplacements :
- Vous allez faire des courses, du ravitaillement, à l'eau ou au carburant, évitez d'exhiber du bien être et des stocks.
- Vous partez en visite, prenez des trajets fiables.
- Vous préparez un troc, ne vous exposez pas avec vos affaires, choisissez un lieu sécure.
Que faites-vous pour protéger votre domicile durant votre absence ? Et comment évitez-vous les difficultés durant le déplacement lui-même ? Dans les zones sensibles, j'ai entendu certains dire qu'ils ne quittaient plus le domicile ensemble. L'un restait sur place pour éviter les squatts.
Il reste que dans un univers dégradé par la guerre, les codes et les habitudes changent au fur et à mesure ! Il est indispensable de se joindre à la majorité et respecter ces nouveaux codes et ces nouvelles habitudes. Il est tentant de se réfugier sur une quelconque possession d'arme à feu, par exemple, mais la meilleure des solutions restera d'abord la protection et l'anticipation.
Disposer d'une porte blindée (et de fenêtres sérieuses) semble un gros plus en ville. A défaut, une barre métallique solidement ancrée derrière chaque ouverture (ou bloquante pour les volets) est une solution moins coûteuse.
Se protéger en temps de guerre : les femmes (et les enfants) redeviennent parfois des proies. La guerre civile est tout aussi dangereuse que la guerre entre nations. L'anticipation résoud sans doute plus de 90% des difficultés, la connaissance de l'environnement fait le reste. Les biens de consommation et les médicaments, ainsi que les armes et leurs munitions, peuvent être extrêmement convoités.
7°) Se soigner
Difficile. Médecins, urgences et dentistes ne sont pas toujours là. Ou parfois à des prix exhorbitants.
Prendre soin de soi et rester en bonne santé sont donc des objectifs prioritaires. Il n'y a plus qu'à prévoir le coup de malchance. Un budget santé... Il vous faudra donc :
- Des efforts mesurés.
- Une alimentation et une boisson propres.
- Un temps de sommeil si possible suffisant.
- Pas d'usage hasardeux d'outils délicats (tronçonneuse sans habitude par exemple).
- En cas d'épidémie, un peu d'isolement (encore faut-il être assez autonome pour cela).
- Des choses heureuses pour équilibrer son psychisme.
- Une hygiène convenable.
Et un peu de produits de soin pour les difficultés les plus courantes :
- Plaies.
- Entorse, lumbagos, muscles froissés.
- Gastro.
- Grippe/Covid et pathologies respiratoires.
- Soucis digestifs.
- Douleurs, migraines.
- Pétages de plomb.
- Etc.
Pour se soigner, soi ou un membre de la famille, en cas d'impossibilité de joindre du personnel médical important, quelques stocks de matériels et autres médicaments sont indispensables, mais en fonction de vos convictions :
- Pansements.
- Désinfectants.
- Bandages.
- Huiles essentielles.
- Homéopathie.
- Allopathie.
- Matériel de couture.
- Livres éventuels.
- Le docteur temps : du repos !!!
L'autonomie en matière de soins n'est pas un objectif, c'est une solution dégradée lorsqu'on n' a pas le choix. Et je ne peux pas vous en expliquer plus dans un vague chapitre par écrit. Néanmoins, avec un peu de formation, vous allez pouvoir sans doute aider à la résolution du problème. Il existre à ce jour quantités de théories sur des sujets variés : bleu de methylène, iode, ivermectine. Ce sont des sujets de débat, pas d'autonomie.
La santé en cas de guerre : médecins, hopitaux, dentisterie : tout peut venir à manquer gravement. Prévoir des méthodes palliatives à ces pénuries ne consiste pas à jouer au toubib, mais à se débrouiller aussi bien que peut.
8°) Communiquer
3 mois sans voir un être vivant : dépression, déstructuration... Suicide
Etre autonome, ce n'est ni être seul, ni viser l'autarcie. A moins d'être un ours. Vous allez devoir communiquer avec votre environnement, votre réseau, votre famille éventuelle, vos amis éventuels.
Actuellement vous avez sans doute un téléphone portable, des réseaux sociaux, internet. Tout ceci peut s'arrêter du jour au lendemain. Et quand bien même vous disposez d'une réserve inépuisable d'électricité, si les relais tombent, il ne se passera plus rien.
Il existe alors plusieurs autres possibilités :
- Le téléphone satellite, à condition que ceux avec qui vous communiquez puissent en faire autant.
- La radio amateur, la CB, à condition que votre réseau soit équipé (20 km de portée en bonnes conditions).
- Les talkies walkies, d'une portée plus modeste.
- La radio basique pile, et manivelle, ou solaire (pour savoir).
- Le courrier (à ne pas négliger, c'est lent, mais ça existe) et les messageries postales.
C'est là qu'on comprend à quel point il est bon d'avoir un réseau dans son environnement immédiat. La communication à distance permet, par contre, de joindre parfois ceux qu'on aime.
Lorsqu'on sait qu'un blackout peut tout stopper, un certain nombre de conventions prises préalablement peuvent aider. Qui va chercher qui, à défaut de communication. Ou qui fait quoi.
Et enfin, lorsque les moyens manquent en distanciel, il reste le vélo, la voiture, les jambes, à des distances adaptées, et fonction de ce qui est possible.
La communication en temps de guerre : souvent irrégulière. Il faut alors profiter des moments cleans, pour passer des conventions précises.
9°) Se déplacer
Vous aurez parfois la nécessité de bouger. En tous cas, pas d'autonomie sans liberté de mouvements.
Il vous faudra un véhicule, et de quoi utiliser vos jambes sans trop de fatigue.
- Qui dit véhicule longue distance dit énergie ou carburant : étant donné que vous n'allez sans doute pas le fabriquer, il vous faut le stocker. Evaluer vos besoins, et les traduire en jerricanes (ou autre).
- Pour les courtes distances : le vélo, voire la mobylette électrique.
- Pour les très courtes distances : pedibus jambis, prévoyez de bonnes chaussures.
Comme vous le savez, le carburant n'est pas pérenne. Prévoyez de le traiter.
Les déplacements en temps de guerre : points de contrôle, couvre feu, loi martiale, présence ennemie, zone libre - ou occupée, un ensemble de vocabulaire qui nous parle sur le papier, mais dont nous n'avons pas idée concrètement. Les chemins habituels peuvent être rendus impossibles. Une carte, et une tronçonneuse s'imposent, pour les plans B (la tronçonneuse, même de petite taille, est très utile après une tempête).
Comme vous l'avez compris, c'est là que se joue la problématique de la maîtrise de l'environnement. Ce qui me rappelle cette réplique culte du film "l'enquête Corse" : je connais tous les chemins de mon pays. Pour de vrai, c'est drôlement utile.
Autonome, c'est en bonne partie une question de connaissances, y compris des gens, des chemins, et des modes opératoires. Ca ne s'achète pas sur un salon survivaliste, ou sur des vidéos.
10°) Faire soi-même
La cuisine, les clôtures, l'électricité, la réparation de plomberie, la couture, le travail du bois, etc.
Dans le temps, un couple et une famille de fermiers, étaient rompus à toutes les disciplines, jusqu'au travail du cuir, et des métaux. Aujourd'hui, la vie nous a fixé d'autres objectifs. Et rares sont ceux qui oeuvrent dans tous les secteurs. Je n'en connais qu'un, il se reconnaîtra :), Pour de vrai, c'est si rare.
Nous apprenons d'autres choses, dans une civilisation qui n'accorde que peu de crédit à la polyvalence.
Il est possible d'apprendre, mais de tout apprendre non. Il faut une vie d'expérience pour se forger à cette forme de Liberté.
Mais commençons par ré apprendre les choses simples :
- Faire la cuisine et non acheter des produits transformés.
- Recoudre soi-même et s'initier à la petite couture.
- Acheter son petit matériel de bricolage (voire article précédent) et commencer à faire soi-même ce qui est possible : son poulailler, une porte de jardin, monter une prise, tirer un câble, installer une lampe, gérer un circuit d'eau.
- Prévoir en double les articles stratégiques (batteries, pompes, par exemple).
- Et prenons l'habitude de faire travailler les locaux, qui, du coup, seront disponibles dans l'avenir.
Progressivement, il vous sera possible d'améliorer votre habitat, en faisant des économies. Et en prenant du plaisir.
11°) Autonome en cas de crise NRBC
Le comble serait peut-être de construire son propre Bunker. Mais peu ont les moyens. Etre en mesure de s'isoler et de se protéger sont un objectif déjà suffisant et important :
- Avoir repéré une cave, une grotte, un endroit enterré et clos pour se protéger des retombées de rayonnements. C'est un travail qui doit se faire préalablement à la crise.
- Disposer de rations d'eau, de nourriture et d'énergie suffisants pour s'isoler durablement et se replier dans sa coquille si indispensable, et à n'importe quel moment.
- Etre en mesure de conserver son équilibre psychique, et celui de sa famille, face à une crise grave, lui offrir une vie structurée.
En clair, ne pas risquer d'attraper la peste ou le choléra, parce qu'il manque 1 litre de lait pour les céréales du petit dernier. Ou votre paquet de clopes.
Conclusion
Cet article/bilan n'est pas exhaustif. Mais il vous dit que l'autonomie rime avec la Liberté, et l'Indépendance. Et qu'elle vous donnera du temps, du temps d'isolement en cas de crise, du temps de vie, du temps de bonne vie.
Plus de choses seront possibles, et qui coûteront moins cher, moins de crédits.
Etre autonome n'est pas un but en soi dans une société qui tourne normalement. Mais il s'agit d'un process de secours dans un système pathologique. Et ce process dépasse, de loin, la simple notion de DIYS, ou de producrtion d'électricité.
Etre autonome, c'est une giga anticipation, mais ce n'est pas une fin en soi. Il n'existe pas un modèle unique d'autonomie. Et la BAD de Piero SG n'est pas l'unique solution (trop peu de gens seraient concernés, faute de moyens). Quelques mesures simples, en ville, dans un appartement, peuvent considérablement augmenter votre score de réactivité, précaution, et liberté. Quant aux petits veinards qui ont une terre à la campagne, ils devraient prendre leurs responsabilités vis à vis de ceux qui auront besoin d'aide.
Cet article m'a demandé une dizaine d'heures de travail, ma propre autonomie m'a demandé une dizaine d'années au minimum. Est-ce que c'est justifié ? Avec un peu de recul, et une crise Covid : oui à 100%.
Bon courage à tous.
Elizabeth